Ségolène Royal dans les Ardennes pour une nouvelle donne
Accompagnée de Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal a plaidé à Charleville-Mézières pour “une nouvelle donne” économique et sociale, après avoir rencontré des salariés de deux entreprises en difficulté.

“Ce sera la nouvelle donne pour la lutte contre le chômage des jeunes, le développement des entreprises responsables à l’égard des territoires, la sélection des aides économiques aux entreprises et la mobilisation des banques qui devront faire leur travail”, a déclaré la candidate socialiste à l’élection présidentielle devant plusieurs centaines de personnes.
La présidente de la région Poitou-Charentes avait auparavant rencontré des salariés de Chausson Outillage, un équipementier automobile placé en redressement judiciaire qui compte 197 employés, et de Porcher, spécialiste des équipements pour salle de bains, dont la fermeture annoncée du département fonderie menace 63 emplois.

Après sa rencontre avec les salariés de Porcher, Ségolène Royal a affirmé sa “volonté de lutter contre toutes les formes de fatalité, d’abandon, d’injustice, de précarité” et dénoncé les “décisions insupportables qui sont prises en dehors de notre territoire alors qu’il y a d’autres façons de faire”.
“Comment se fait-il que ces entreprises qui marchent bien mettent du jour au lendemain la clef sous la porte ?”, s’est-elle interrogée lors du meeting à Charleville-Mézières.
Ségolène Royal a assuré qu’en cas de victoire à l’élection présidentielle “tout cela ne sera plus possible, tout cela ne sera plus accepté parce que tout cela n’est plus acceptable”.

La candidate a notamment rappelé qu’elle voulait obliger les entreprises à rembourser les aides publiques lorsqu’elles délocalisent et a critiqué certains actionnaires qui “s’enrichissent au détriment du plus grand nombre”.
“On va remettre de l’ordre économique juste”, a-t-elle assuré.
“Les entreprises qui font des bénéfices seront priées de rester sur les territoires sur lesquelles elles sont implantées”, a déclaré Ségolène Royal, ajoutant que “les entreprises qui ont de vraies difficultés, nous les aiderons à assumer les mutations industrielles”.
“Nous réussirons parce que nous allons mettre en place un dialogue social digne de ce nom qui nous permettra d’anticiper, de connaître, de savoir, de demander des comptes”, a-t-elle ajouté.
“Je vais soutenir cette campagne autant que je peux”, a assuré Dominique Strauss-Kahn devant les employés de Porcher, “notamment dans les endroits où les salariés sont en situation de souffrance”.
Reuters

Dans les Ardennes, Ségolène Royal s’est attachée à nouer “un lien direct avec les Français”
Ségolène Royal s’est attachée vendredi à nouer “un lien direct avec les Français”, en l’occurrence des salariés du nord-est de la France menacés dans leur emploi, pour la dernière phase de la campagne présidentielle où elle entend reprendre “toute sa liberté” à l’égard du PS.
En déplacement dans la Marne, puis dans les Ardennes avec Dominique Strauss-Kahn, la candidate a défendu toute la journée les emplois et les services publics.
“C’est la dernière ligne droite de la campagne. Donc, ma responsabilité est maintenant de nouer un lien direct avec les Français, avec une totale liberté d’expression, d’action”, a confié aux journalistes Mme Royal.

La candidate a appliqué ce précepte dès la première étape, à Saint-Brice Courcelles, à la périphérie de Reims, en prenant un bain de foule sur la place ensoleillée où s’étaient massées un millier de personnes.
Dans “ce territoire durement frappé par les délocalisations”, Mme Royal a estimé que l’économie française devait “se protéger”, défendant son projet de “sécurité sociale professionnelle”.
Puis, incognito ou presque, elle a répondu, de manière impromptue, à l’invitation de syndicalistes en allant, dans leur usine, à la rencontre des salariés de Chausson Outillage, en redressement judiciaire, dont les 197 salariés sont menacés d’un plan social.
Les journalistes étaient déjà partis pour l’étape suivante de son déplacement. “Cela ne vous a pas échappé que j’ai repris ma liberté ?
Je passe aux travaux pratiques”, s’est amusée Ségolène Royal.
Dans le bassin d’emploi de Revin, au nord de Charleville-Mézières, durement frappé par des milliers et des milliers de suppressions d’emplois depuis trente ans, la candidate PS s’est ensuite rendue devant l’usine Porcher, qui fabrique des sanitaires et baignoires en fonte.
La direction de cette filiale du groupe American Ideal Standard vient d’annoncer sa volonté de céder la fonderie (59 salariés).
M. Strauss-Kahn, qui l’accompagnait, a déclaré qu’il allait “apporter tout son soutien à la campagne” de sa camarade de parti.
Sa présence “était prévue de longue date ( …) c’est un appui très important que l’ensemble des responsables du PS se mobilisent”, a commenté Mme Royal.

Un dialogue s’est installé entre la candidate, DSK à son côté, et des représentants syndicaux. “Ca suffit. Il faut faire quelque chose pour nous”, lui a lancé une femme. “Vous pouvez compter sur moi”, a-t-elle répondu.
Tout au long de la journée, y compris lors d’un meeting à Charleville-Mézières devant plus de 2.000 personnes, Ségolène Royal a répété que “les entreprises qui ont fait des bénéfices et qui suppriment des emplois ou délocalisent devront rendre des comptes”.
Elle a dénoncé les “gaspillages” des aides aux entreprises “accordées sans aucune contrepartie”, et fustigé les entreprises où “les actionnaires sont plus rémunérés que les salariés”.
Mme Royal a exhorté l’Union européenne à se doter “d’une politique industrielle, pour que l’Europe se protège des délocalisations”.
L’internaute.

Avec un très fort soutien de “DSK”, Ségolène Royal continue son chemin en toute liberté
Engagée dans la “dernière ligne droite” à cinq semaines du premier tour, Ségolène Royal a reçu vendredi soir le soutien appuyé de Dominique Strauss-Kahn lors d’un meeting commun à Charleville-Mézières.
Elle entend cependant rester “libre” pour nouer un “contact direct” avec les Français et compte désormais “accélérer” sa campagne.
Quand “les socialistes ont choisi leur candidate, alors tous les socialistes sont derrière elle, et moi le premier”, a clamé DSK, qui veut “contribuer à sa place à la victoire de Ségolène Royal” parce que “c’est l’intérêt de notre pays”.
“Nous tenons ensemble ce meeting. Ça a fait couler de l’encre”, “comme si le fait qu’on ait été, Ségolène et moi, démocratiquement opposés dans une campagne interne faisait qu’on devait être opposés tout le temps, comme si ce n’était pas naturel pour un socialiste de défendre la campagne d’une socialiste”, a-t-il déploré, récusant tous “petits calculs”.

L’ancien ministre de l’Economie, récemment intégré à l’équipe de la candidate, a donc invité le PS à lui emboîter le pas. Dans une campagne, “on a besoin de soldats.
Et dans un combat, les soldats ne doivent pas avoir d’états d’âme, ils doivent avoir des états de service, ils doivent monter au front”, a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes réunies pour ce meeting dans les Ardennes.
Les socialistes doivent “se mettre en rang pour partir à la bataille et pour faire gagner la gauche”, a-t-il dit.
“Je suis très heureuse qu’il soit là”, l’a remercié Ségolène Royal. “C’est un appui, c’est un atout très important”.
Pour la première fois, la candidate, qui n’a pas manqué de citer Baudelaire, s’est offert un bain de foule au terme du meeting.
Tout en comptant sur “l’appui” du PS et sur ses “talents”, la “gazelle” entend néanmoins rester “libre” de toute attache partisane.
“Il y a un moment, il faut avoir la force de se situer au-dessus des partis politiques”, a-t-elle justifié devant la presse, se présentant comme “une femme libre”.
“C’est parce que le collectif a bien fonctionné que je peux maintenant assumer ma liberté”.
Elle entend en effet nouer “maintenant” un “dialogue direct” avec les Français. “C’est à moi de porter énergiquement ce combat”, a-t-elle jugé.
“Il faut qu’elle se sente libre, elle a raison”, l’a appuyée DSK. “Le PS doit lui être utile, c’est son devoir.
Mais elle n’est pas là pour être utile aux socialistes. Elle est là pour être utile aux idéaux de la gauche” et “à la France”.
“Dans la dernière ligne droite”, Ségolène Royal compte mettre le turbo pour faire expliquer aux Français les cent propositions de son “pacte présidentiel”.

“J’accélère l’explication, je noue le pacte, je l’explique, je monte en puissance” et “je vais au contact du plus grand nombre de citoyens”, a-t-elle indiqué.
Ainsi devrait-elle multiplier les déplacements de campagne dans les prochaines semaines, en profitant de ses meetings pour passer trois à quatre jours sur le terrain.
Mais la prétendante à l’Elysée compte aussi accélérer sa préparation au rôle de présidente et se tenir “prête” à agir si elle est élue en mai.
“Mon rôle aujourd’hui, c’est d’être prête si les Français me font confiance”, a-t-elle souligné. “Je réfléchis maintenant à la façon dont je vais mettre en oeuvre ce pacte” présidentiel, a-t-elle ajouté.
Interrogée sur François Bayrou, elle a répété qu’elle souhaitait que les Français se voient proposer un “vrai changement”.
Si elle se garde de toute “attaque personnelle”, elle a relevé le “paradoxe” de son rival centriste “à se prétendre candidat détaché des partis et d’avoir comme principal projet de créer un grand parti”.
A charge pour DSK de tacler le candidat UDF sur son absence supposée de programme: “Ségolène Royal, elle fait campagne avec cent propositions”, “François Bayrou, il fait campagne sans propositions”, a-t-il moqué, avant de présenter Ségolène Royal comme la “seule” qui “propose un vrai changement”.
François Bayrou, “c’est comme une grosse promotion d’ouverture de magasin.
Le jour de l’ouverture, les gens qui viennent voient qu’il n’y a rien dans les rayons, et ils repartent”, a également ironisé le fabiusien Claude Bartolone.
AP

