Ségolène Royal donne corps à sa “France présidente”

Publié le par comités 11

Ségolène Royal a donné corps jeudi soir à sa “France présidente” qu’elle a opposée en tous points au projet de société “des clans, des clivages, des conflits” porté selon elle par la droite.

A Bordeaux, la candidate socialiste a donné une forte coloration sociale à son discours d’un peu moins d’une heure, défendant son idée d’une France “qui n’oublie personne sur le bord du chemin (…) qui se rassemble forte de tous les siens et fière de ses valeurs”.

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“La France présidente, c’est celle qui prend soin des hommes et des femmes parce qu’elle a compris que le capital humain c’est sa force et donc son avenir”, a-t-elle déclaré face à plus de 10.000 personnes réunies au Parc des expositions, revenant à la pratique du discours écrit après plusieurs meetings micro en main et sans notes.

Devant l’escalade verbale des derniers jours entre le PS et l’UMP, la présidente de Poitou-Charentes a annoncé qu’elle refuserait désormais de répondre aux attaques pour se consacrer “exclusivement” à son dialogue avec les Français dans la dernière ligne droite.

“Je vous le dis, je vous le redemande: ne laissez pas déformer mes propos (et) vilipender la vision de la France que je porte”, a-t-elle demandé aux militants, citant à plusieurs reprises sa “République du respect” - un concept qui avait disparu de ses discours depuis quelques temps.

“Je ne confonds pas juste autorité et autoritarisme, celui qui divise, qui méprise, qui fait prendre du retard à la France et qui échoue à entraîner tous les Français parce qu’il les dresse les uns contre les autres”, a-t-elle déclaré.

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Dans moins de trois semaines, “vous allez devoir choisir entre deux conceptions de la France, deux visions de son avenir”, a-t-elle expliqué devant une marée de drapeaux rouges “Ségolène présidente”.

Avec la droite se profile selon elle une présidence “qui dresse ceux qui ont un emploi contre ceux qui n’en ont pas et qui sont soupçonnés de ne pas vouloir se lever le matin”.

Si le candidat de l’UMP accède à l’Elysée, il y aura conflit entre “ceux du secteur privé que l’on oppose au secteur public alors que nous devons les faire travailler ensemble, ceux qui ont droit à l’échec avec des parachutes dorés et ceux qui n’y ont pas droit et que l’on traite d’assistés”, a-t-elle poursuivi sur un ton très combatif.

Avec un président tel que Nicolas Sarkozy, a-t-elle assuré, ce sera “la France contre les étrangers, les immigrés d’hier contre les immigrés d’aujourd’hui, les plus âgés que l’on oppose aux plus jeunes, les hommes contre les femmes, les chefs d’entreprise contre les salariés… Bref la liste est sans fin et c’est à cette liste sans fin qu’il faut mettre fin!”

“La France présidente, c’est tout le contraire de tout cela”, a insisté Ségolène Royal, s’offrant le luxe de paraphraser Jacques Chirac pour démonter les projets économiques et sociaux de Nicolas Sarkozy qui multiplie de son côté les hommages au socialiste Jean Jaurès.

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“La France présidente, c’est la France du travail qui paie sans être obligé pour joindre les deux bouts d’accumuler des heures supplémentaires”, a-t-elle estimé. “A cela aussi il faudra remettre de l’ordre car la feuille de paie n’est pas l’ennemie de l’emploi mais au contraire peut-être son moteur”, a déclaré Ségolène Royal.

A 17 jours du premier tour, la physionomie des meetings “ségolénistes” a changé pour prendre un tour beaucoup plus solennel, personnel et présidentiel.

Peu après 19h30, vêtue d’une veste blanche, Ségolène Royal a traversé la salle, avançant seule entre deux rangées de barrières le long desquelles couraient deux équipes de gardes du corps. Dans la foule flottaient un nombre inhabituel de drapeaux tricolores.

Elle s’est ensuite adressée au public bordelais sur une petite avancée de scène réhaussée d’un pupitre blanc. Dans son dos, sur fond bleu ciel, se détachait pour la première fois son nouveau slogan de campagne, “La France présidente”.

A la fin de son discours, comme elle en a pris l’habitude depuis dix jours, elle a fait jouer la “Marseillaise”, restant droite comme un i au milieu de la scène qu’elle a ensuite parcourue pour aller serrer des dizaines de mains.

Reuters

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A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 22 avril, je ne m’adresserai exclusivement qu’aux Français

Ségolène Royal en meeting à Bordeaux :

Je veux incarner jusqu’au bout cette République du respect, porter jusqu’au bout l’élévation du débat présidentiel, parce que les Français veulent choisir avec leur intelligence en toute connaissance de cause. C’est pourquoi, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 22 avril, premier tour de l’élection présidentielle, je ne m’adresserai exclusivement qu’aux Français” et “je refuserai de répondre à toutes les attaques, d’où qu’elles viennent“, annonce Ségolène Royal devant plus de 10.000 personnes.

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Je ne veux “pas laisser le débat présidentiel se tirer vers le bas“, explique la candidate socialiste, qui veut “oublier les agressions verbales de la droite“. Elle demande à ses partisans de veiller à ne pas laisser “déformer” ses propos. “Je compte sur vous, chaque fois que vous entendrez une déformation de mes propos, pour y répondre avec sérieux, avec pédagogie, pour expliquer“. Il ne faut pas “laisser vilipender la vision de la France que je porte et cela m’aidera à défendre davantage le pacte présidentiel qui va porter le changement profond dont la France a besoin et qu’elle attend“.

J’ai déjà remis au point un certain nombre de choses“.

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A Bordeaux, Ségolène Royal fait l’éloge de la “République du respect”

Ségolène Royal a fait jeudi soir à Bordeaux l’éloge de “la République du respect”, refermant la parenthèse de l’escalade verbale avec Nicolas Sarkozy après avoir échangé avec lui des mots très polémiques.

Devant près de 15.000 personnes selon les organisateurs -la plus forte affluence de sa campagne jusqu’ici -, la candidate socialiste a cherché à se placer au-dessus de la mêlée, parlant tout au long d’un discours de 55 mn de “la France présidente”, son slogan de fin de campagne.

Mme Royal a teinté son intervention d’une forte connotation sociale, en présence des responsables socialistes d’Aquitaine, le président de la région Alain Rousset, le député des Landes Henri Emmanuelli et le maire de Libourne Gilbert Mitterrand, notamment.

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D’emblée, la députée des Deux-Sèvres est revenue sur ce qu’elle a appelé “les agressions verbales de la droite”. Nicolas Sarkozy l’ayant accusée, après les incidents de la gare du Nord, de soutenir “les fraudeurs”, Mme Royal, après avoir laissé dire, l’avait traité mardi de “menteur”.

Ségolène Royal a refusé de “laisser le débat présidentiel se tirer vers le bas” par “respect des Français”, et dit vouloir incarner “jusqu’au bout la République du respect, porter jusqu’au bout l’élévation du débat”.

Elle a donc annoncé qu’elle “s’adresserait exclusivement aux Français et “refuserait de répondre à toutes les attaques d’où qu’elles viennent”, tout en demandant à ses partisans de “ne pas laisser déformer (ses) valeurs et (ses) propos”.

La candidate a décliné ce qu’elle entend par “la France présidente”, un slogan qui s’affichait derrière elle en lettres rouges sur fond blanc. “La France présidente, c’est ma façon de vous dire: j’ai besoin, pour redonner un nouvel élan à ce pays, de chacune et chacun d’entre vous, car vous êtes les meilleurs experts de ce que vous vivez. C’est cela, la République du respect”.

Marquant implicitement sa différence avec le candidat de l’UMP, dont elle n’a jamais cité le nom, elle s’est définie comme incarnant “la juste autorité”, défendant “une morale de l’action et une obligation de résultats” auxquelles elle reproche souvent à M. Sarkozy de manquer.

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La candidate, qui entend axer la quinzaine d’ici le premier tour sur “le social et l’emploi”, selon son entourage, s’est appesantie sur le pouvoir d’achat, reprenant une phrase fameuse de Jacques Chirac dans la campagne présidentielle de 1995.

“La feuille de paie n’est pas l’ennemie de l’emploi mais au contraire, peut-être, son moteur. C’est pourquoi nous relèverons les bas salaires et les petites retraites”, a-t-elle déclaré.

Selon la candidate socialiste, la France présidente, c’est encore “la France du travail qui paye (…), c’est la France du pouvoir d’achat défendu et garanti”.

Ségolène Royal n’a oublié ni l’éducation ni, surtout, le logement, s’engageant à ne pas “laisser faire la spéculation foncière” et promettant “un Etat affranchi de la ségrégation urbaine” grâce à “une répartition harmonieuse des logements sociaux”.

Près de deux ans après le “non” français au traité constitutionnel européen, elle a récusé “l’Europe du tous contre tous, où le dumping social et fiscal et la concurrence servent de modèle de société”, au profit d’”une Europe sociale qui nous protégera contre les délocalisations”.

Son discours s’est conclue par la Marseillaise.

 


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