Revue de Presse : Ségolène dans lAude
La revue de Presse suite à la visite de Ségolène Royal dans l’Aude.

L’indépendant du 8 Avril :
L’Aude offre un accueil royal à Ségolène
Rencontre avec le monde viticole, bains de foule, meeting politique. Pour son passage dans l’Aude, la candidate PS à la présidence a été acclamée.
Ségolène, présidente!”. Ils étaient près de 5000 militants et sympathisants socialistes, hier après-midi à Lézignan-Corbières, à scander ce slogan d’une seule voix.
La foule en délire était tellement impatiente de voir Ségolène Royal que les interlocuteurs qui l’ont précédé sur scène, Pierre Tournier, maire de la commune, et Eric Andrieu, responsable de la fédération PS de l’Aude, ont été gentiment chahutés, malgré leur enthousiasme débordant.

La candidate à l’élection présidentielle ne pouvait que boire du petit lait en ces terres socialistes. Mais elle n’a pas négligé l’enjeu pour autant.
“Je sais que je peux compter sur vous et je vous en remercie. Mais beaucoup de Français hésitent encore. Ils sont exigeants et ils ont raison. Ils savent que leur choix va engager la France pour 5 ans et même au-delà. Je veux leur dire que la France mérite mieux que ce qu’elle a, mérite mieux que les brutalités, la précarité, l’insécurité”.
A deux semaines du premier tour de l’élection, la candidate socialiste sait qu’elle joue ses derniers atouts. Avenante avec la foule mais ferme dans ses propos, elle a rappelé que sa “bataille majeure” était “l’éducation, l’emploi et la lutte contre la vie chère”.
“La France de la réconciliation”
L’assistance, tout acquise à sa cause, l’acclamait à chacun de ses propos. Il faut dire que la candidate sait tenir un public : un coup sur l’adversaire, quel qu’il soit, suivi d’une proposition ! Il n’y a rien de tel pour affoler l’applaudimètre.
“Je veux faire reculer la France que nous a laissée la droite, celle qui dresse les uns contre les autres. Je veux faire la France de la réconciliation, une France de droits et devoirs, des devoirs dont les puissants ne peuvent s’affranchir”.
Ou encore : “Le lobby pétrolier, le lobby nucléaire ne doivent plus imposer leurs règles du jeu. Nous devons rattraper le retard qu’ils nous ont fait prendre en aménageant la fiscalité pour faire la France de l’excellence écologique”.
Le meeting à peine terminé, Ségolène Royal s’envolait vers d’autres rencontres, d’autres militants. Le marathon de l’Elysée s’accélère.
Mais hier soir, les socialistes audois étaient ravis que leur candidate ait pris le temps de venir à leur rencontre.

Le Midi Libre du 8 Avril :
Royal dans l’Aude : “Un bon vin, c’est le plaisir du jour”
« Vous allez la faire passer au fossé ! » : ce fut lancé avec cet accent inimitable, rugueux comme les crêtes de l’Alaric. A Cavanac, hier, sur le coup de midi, la vieille dame craignait que « sa » Ségolène ne trébuche dans son marathon présidentiel, bousculée par la vague médiatique qui déferle devant les pas de la candidate.
Car que voit-on de la France quand on court vers l’Élysée ? Sans doute peu de chose derrière le rideau compact des caméras.
Ségolène Royal a pourtant pris la peine, hier, de s’attarder en terre audoise, en terre viticole, en terre d’élection pour le PS.
Marcel Rainaud, le président socialiste du conseil général, l’avait tirée par la manche pour qu’elle n’oublie pas les vignes en crise du Languedoc avant le premier tour, il lui rappela que Mitterrand avait fait un détour par l’Alaric lors de sa marche victorieuse en 1981, elle s’est rangée à l’argument en fin de semaine dernière.
C’est donc dans le décor sans charme excessif de la coopérative de Cavanac, à deux pas des tours de Carcassonne, que Ségolène Royal a pris le temps de parler à des vignerons. Ces derniers étaient 37 invités à siéger dans un hangar encombré de cartons de vin de pays.
Trente-six sont restés jusqu’au bout. Car Philippe Vergnes, président du syndicat des vignerons n’entendait pas mélanger les genres : « Ici, il y a que des économistes et moi, syndicaliste, je n’ai pas les neurones qu’il faut. Je les soutiens mais ma place n’est pas ici ». Vergnes a donné à la candidate une demande de rendez-vous de son syndicat avant de mettre les voiles.
Ségolène Royal a ensuite écouté sept intervenants qui, du patron de la chambre d’agriculture, au président de la coopération, ont brossé le tableau d’un « état viticole » malmené par la crise. Ils ont dit leur refus de la politique libérale que prône Bruxelles, leurs difficultés à exporter.
Auparavant, la candidate les avait prévenus : élue, elle ne reviendrait pas sur la loi Evin, convaincue que ce texte commis par l’ancien ministre socialiste de la Santé, n’empêche pas de communiquer sur le vin : « La lutte contre l’alcoolisme et la promotion de vos produits ne sont pas incompatibles », a-t-elle lancé.
A part ça, la candidate s’est dite « farouchement hostile » au plan d’arrachage de Bruxelles qui vise à éliminer 400 000 ha de la surface de l’Europe, elle est pour une redistribution des aides afin de favoriser les “cultures peuplantes” comme la vigne. Une fois installée à l’Élysée, elle a promis qu’elle organiserait des “états généraux de la viticulture”.
Hier à Cavanac, Ségolène Royal a pris un vrai plaisir à boire le calice viticole … jusqu’à la dernière goutte.

“Un verre de bon vin donne du plaisir pour toute la journée. Je suis une consommatrice régulière, j’en bois tous les jours. Je suis sensible aux terroirs, aux pays de provenance. Ce sont chaque fois des voyages immobiles”.
Ardente militante du Chabichou du Poitou, elle s’est fendue d’un conseil au pied des cuves de Cavanac : « Avec ce fromage, je prends toujours un blanc des Charentes ! ». Pour tenir jusqu’au 22 avril, il faut trouver de l’énergie.
Jean-Pierre LACAN

Le Midi Libre du 8 Avril :
Ségolène Royal lance à Lézignan un appel au vote utile
Il y avait le “Déjeuner sur l’herbe” d’Édouard Manet. Depuis hier, dans la mémoire socialiste audoise, le meeting de Ségolène Royal sous la pinède de Gaujac, à Lézignan-Corbières, occupe une place des plus importantes.
Dès les premières minutes de l’après-midi, les militants socialistes affluent dans la capitale des Corbières. Venus de tout le département, mais aussi de toute la région, tous sont impatients de voir, d’écouter et d’applaudir leur candidate à l’Élysée.
Certains ont prévu le pliant, un couvre-chef et l’on s’est paré de nombreux badges et autocollants tout à la gloire de la candidate PS. Debout, assis, voire carrément allongé dans l’herbe, le public patiente. L’invitée du jour n’est pas encore là. Elle est annoncée pour 15 h. Il est tout juste 14 h et c’est une ambiance de pique-nique, comme une répétition de “pâquette” - mais sans l’omelette -, qui règne sur le site de Gaujac.
Pour Jean-Pierre Pigassou, c’est indéniablement le “grand jour”. Le secrétaire de la section socialiste de Lézignan est sur la brèche depuis mardi : “Ce jour-là, on a su que Ségolène passerait à Cavanac et un autre lieu dans l’Aude”. C’est alors que le premier secrétaire fédéral, Éric Andrieu, contacte ses “troupes” lézignanaises. “Il voulait savoir si nous étions prêts à l’accueillir, poursuit Jean-Pierre Pigassou. On a dit oui tout de suite”.
Aussitôt, les quelque 235 membres de la section socialiste de Lézignan se sont mobilisés pour réserver un accueil royal … à Ségolène.
Justement, la voilà qui arrive. « Ségolène présidente ! » s’époumone le chœur des jeunes socialistes, agitant banderoles et drapeaux. La candidate se risque au bain de foule. On frise l’émeute. Les gens se poussent de la main, jouent des épaules pour approcher “Ségo”, encadrée par les députés Jacques Bascou et Jean-Claude Perez. Éric Andrieu et le sénateur Courteau ne sont pas loin. C’est viril mais correct dans la mêlée qui balaie tout. Finalement, Ségolène Royal est là, toute proche, en chair et en os. Certains lui tendent la main, lui adressent des encouragements. D’autres cherchent à l’immortaliser grâce à leur petit boîtier numérique, ou lui offrent une rose.
Au milieu du brouhaha ambiant, une sonnerie de portable retentit. “Allô ! Oui ! Je suis tout prêt d’elle. Je la vois !”, s’exclame une groupie qui se faufile vers “Ségo”, tout sourire, visiblement décontractée, en pantalons.
Et puis, tout se fige. Pierre Tournier monte sur le podium. Le maire de Lézignan défend “la ruralité, l’économie” et n’oublie pas au passage le dossier du lycée “que je vais te remettre tout à l’heure”. Le premier magistrat lézignanais en est convaincu et le martèle : “Oui, Ségolène, tu seras présidente de la France et nous serons forts pour que tu réussisses ce que tu as décidé !”. Le public est chauffé à blanc. L’invitée rejoint à son tour la scène.
Là, à quinze jours du premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal appelle ses électeurs à se mobiliser pour le premier round de scrutin. “Pour construire la France présidente que nous voulons voir gagner bientôt, il faut faire le plus gros score possible dès le 22 avril. Je compte sur vous” lance la candidate socialiste à près de 4 000 supporters.
René FERRANDO



