Ségolène Royal veut réformer la France sans brutaliser
Ségolène Royal a longuement expliqué mercredi soir aux téléspectateurs comment elle allait, si elle était élue, “réformer sans brutaliser” et “remettre de l’ordre” en France “dans la sérénité”.
Arrivée deuxième derrière Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle, Mme Royal a aussi réitéré sa proposition de débat avec le centriste François Bayrou, classé troisième, et dont les voix sont chèrement disputées par les deux finalistes.

“Il va falloir réformer en profondeur, et pour réformer il faut rassembler”, a expliqué Mme Royal lors de l’émission “A vous de juger” sur France 2.
Elle y a exposé tous les aspects de son programme, de l’économie à la justice. Elle a souligné le “clivage très profond” entre son projet et celui de son adversaire UMP.
“J’incarne une autre méthode, je fais confiance. (…) Je n’ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l’exercer avec une autorité juste, réformer sans brutaliser, en écoutant pour agir juste et ensuite exercer une autorité juste, pas aveugle, brutale”, a déclaré la députée des Deux-Sèvres.
Evoquant les difficultés des Français, elle s’est engagée à “changer le désordre” vécu par “ces femmes qui partent avec 600 euros” par mois de retraite, ces chômeurs qui “font semblant de partir travailler le matin”, les caissières qui toute leur vie, sont cantonnées au smic.
Elle a souhaité “des salariés bien sécurisés dans leur travail”, estimant que “le fléau auquel il faut répondre, c’est les millions de salariés qui n’ont pas du tout de travail”.
La candidate a reproché à Nicolas Sarkozy de s’en prendre aux chômeurs de façon “malsaine”.
“Je ne suis pas pour dire qu’il y a des gens qui veulent se lever tôt et d’autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres”, a-t-elle dit, accusant son adversaire de “draguer les voix populistes”.
Interrogée sur les moyens financiers nécessaires à son programme, elle a répondu : “Je relance la croissance”.

On dope la croissance “en remettant du dialogue social dans l’entreprise”, et “il est possible de concilier le respect des salariés et la performance et la compétitivité de l’entreprise”, selon elle.
Interrogée sur la régularisation des sans papiers, elle a répété qu’elle se ferait “au cas par cas”. Mais elle a assuré comprendre les difficultés de certaines familles.
“Si j’étais dans un pays où il n’y a rien, je prendrais mes enfants sous le bras et je les emmènerais dans un pays où ils pourraient manger et aller à l’école”, a-t-elle dit.
Mme Royal a répété qu’elle souhaitait doubler le budget de la justice et s’est insurgée contre le fait que les indemnisations aux victimes du procès d’Outreau “n’ont toujours pas été versées.”
Interrogée sur les jeunes multi-récidivistes, que Nicolas Sarkozy veut sanctionner comme des adultes, Mme Royal estime qu’il faut prévenir la récidive en sanctionnant “au premier acte de délinquance”.

“Il faut s’occuper des petits, ceux qui ne sont pas encore des délinquants”, a-t-elle préconisé.
Alors que les deux finalistes dans la présidentielle doivent se retrouver le 2 mai pour un débat télévisé très attendu, la candidate a renouvelé sa proposition faite à François Bayrou d’un débat vendredi devant la PQR.
Ce qu’il avait refusé, souhaitant un débat devant les télévisions.
Elle s’est aussi réjouie que M. Bayrou ait “compris un certain nombre de choses” au cours de la campagne électorale. “Il a bougé au cours de cette campagne”, selon elle.
Mme Royal veut rassembler l’ensemble des “républicains de progrès”, en prenant “les bonnes idées, d’où qu’elles viennent”.
(Christine COURCOL et Michel SAILHAN / AFP)

Ségolène Royal invitée de “A vous de juger” :
Ségolène Royal expose tous les aspects de son programme, de l’économie à la justice. Elle souligne le “clivage très profond” entre son projet et celui de son adversaire de l’UMP.
“J’incarne une autre méthode, je fais confiance. Je n’ai aucune soif du pouvoir, mais je veux l’exercer avec une autorité juste, réformer sans brutaliser, en écoutant pour agir juste et ensuite exercer une autorité juste, pas aveugle, brutale“.

Evoquant les difficultés des Français, elle s’engage à “changer le désordre” vécu par “ces femmes qui partent avec 600 euros” par mois de retraite, ces chômeurs qui “font semblant de partir travailler le matin“, les caissières qui toute leur vie, sont cantonnées au smic.
Ségolène Royal souhaite “des salariés bien sécurisés dans leur travail“, estimant que “le fléau auquel il faut répondre, c’est les millions de salariés qui n’ont pas du tout de travail“.
La candidate socialiste reproche à Nicolas Sarkozy de s’en prendre aux chômeurs de façon “malsaine“.
“Je ne suis pas pour dire qu’il y a des gens qui veulent se lever tôt et d’autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres“, dit-elle, accusant son adversaire de “draguer les voix populistes“.
Interrogée sur les moyens financiers nécessaires à son programme, elle répond: “Je relance la croissance“. On dope la croissance “en remettant du dialogue social dans l’entreprise“, et “il est possible de concilier le respect des salariés et la performance et la compétitivité de l’entreprise“.

Sur la régularisation des sans papiers, Ségolène Royal répète qu’elle se fera “au cas par cas“. Mais elle assure comprendre les difficultés de certaines familles.
“Si j’étais dans un pays où il n’y a rien, je prendrais mes enfants sous le bras et je les emmènerais dans un pays où ils pourraient manger et aller à l’école“.
Elle réaffirme sa volonté de doubler le budget de la justice et s’est insurgée contre le fait que les indemnisations aux victimes du procès d’Outreau “n’ont toujours pas été versées.”
A propos des jeunes multi-récidivistes, que Nicolas Sarkozy veut sanctionner comme des adultes, Ségolène Royal estime qu’il faut prévenir la récidive en sanctionnant “au premier acte de délinquance“.
“Il faut s’occuper des petits, ceux qui ne sont pas encore des délinquants“.
La candidate renouvelle sa proposition faite à François Bayrou d’un débat vendredi devant la PQR.
Elle s’est aussi réjouie que François Bayrou ait “compris un certain nombre de choses” au cours de la campagne électorale. “Il a bougé au cours de cette campagne“.

Ségolène Royal veut rassembler l’ensemble des “républicains de progrès“, en prenant “les bonnes idées, d’où qu’elles viennent“.
Le débat d’entre-deux tours du 2 mai avec Nicolas Sarkozy sera “une épreuve, c’est un moment difficile et je m’y prépare au mieux“, reconnaît la candidate socialiste sur France-2. “C’est une étape importante” mais pas “déterminante“.
“Les Français nous connaissent, nous regardent, peuvent comparer deux visions de la France, deux tempéraments, deux personnalités très différentes. C’est un élément très important pour qu’ils affinent leur jugement“.
Face au “génocide abominable” au Darfour, Ségolène Royal prend fermement position : “La communauté internationale est restée trop longtemps indifférente par rapport à ce drame et aujourd’hui il faut vraiment agir et pas seulement se plaindre dans des discours“, exhorte la candidate socialiste, qui réclame des “corridors humanitaires“.
“On sait que la Chine est un acteur important dans cette partie du monde. Je pense qu’il faut qu’il y ait des menaces de sanctions très fermes. Ce n’est pas parce qu’il y a du pétrole dans le sous-sol qu’il faut laisser faire ce génocide abominable.”
Alors qu’on lui demande si elle pourrait aller jusqu’au boycott des Jeux Olympiques de Pékin, elle répond : “je ne l’exclus pas, parce qu’à un moment, lorsqu’il y a une telle inaction, une telle inertie, il faut que tous les moyens soient utilisés pour que ça bouge.”

Ségolène Royal maintient sa main tendue à M. Bayrou
Invitée de l’émission “A vous de juger”, mercredi 25 avril, sur France 2, Ségolène Royal a de nouveau tendu la main au président de l’UDF.
Elle a estimé que s’adresser à lui, est “une démarche responsable, respectueuse des électeurs et utile pour la France”. Mme Royal a cité au crédit de M. Bayrou “le constat qu’il fait sans concession de la situation de la France et des propositions de Nicolas Sarkozy”. “Je crois qu’il a, au cours de cette campagne, compris un certain nombre de choses”, a-t-elle dit, et en particulier “des valeurs inscrites dans mon pacte présidentiel” telles que “l’Etat impartial”, “l’efficacité écologique” ou “la priorité éducative”. Mme Royal a également cité le co-développement et la proposition d’un plan Marshall pour l’Afrique, proposé par M. Bayrou.

“RÉNOVATION PROFONDE DE LA POLITIQUE”
Concernant le débat public avec François Bayrou, elle a réaffirmé qu’elle serait prête à débattre publiquement avec lui. Elle a proposé que les caméras de France 2 viennent filmer, vendredi, la rencontre devant la presse régionale à laquelle elle a convié François Bayrou.
Selon elle, sa proposition de dialogue avec M. Bayrou rélève d’une“rénovation profonde de la politique, c’est très audacieux”. “Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines, et non par les valeurs boursières”, a-elle ajouté.
Mais elle a également défendu ses points de divergence avec le président de l’UDF, comme la création d’un service public de la petite enfance et d’un service public de la caution, critiqués par François Bayrou dans son discours mercredi après-midi. Elle a récusé le “tout sauf Sarkozy”, estimant qu’elle veut “faire adhérer les citoyens à un projet, à une espérance”. “Je ne crois pas à un homme providentiel, je n’ai pas la même façon de concevoir le pouvoir que Nicolas Sarkozy”, a-t-elle ajouté.
MARQUEURS À GAUCHE
Mais la candidate socialiste s’est aussi montrée offensive sur les thèmes sociaux, en marquant sa différence avec Nicolas Sarkozy. “Ca suffit de considérer que ce sont les salariés qui doivent payer la flexibilité !”, s’est-elle exclamée. Elle a de nouveau demandé à Noël Forgeard de rembourser les 6 millions d’euros d’indemnités perçus lors de son départ d’EADS.
Elle a également attaqué M. Sarkozy, l’accusant de vouloir diviser les Français.“Il y a trop de riches d’un côté et trop de pauvres de l’autre” , a déploré la candidate du Parti socialiste. “Je ne suis pas pour dire qu’il y a des gens qui veulent se lever tôt et d’autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres”, a-t-elle lancé.
(Le Monde.fr)


