Sarkozy et la proportionnelle : limposture continue
Ségolène Royal, qui souligne que son adversaire a “une nouvelle fois changé d’avis” sur la proportionnelle, estime que “c’est une perche tendue vers le Front national”. Répondant à Nicolas Sarkozy, elle met en avant les avancées sociales et le “vent de liberté” qu’a permis mai 68.
Ségolène Royal a affirmé, lundi 30 avril, sur France 2, que Nicolas Sarkozy “cherche surtout à capter les voix du Front national” en proposant d’introduire “un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée nationale”.

Interrogée sur le discours du candidat UMP, dimanche à Bercy, Ségolène Royal a observé que Nicolas Sarkozy avait “une nouvelle fois changé d’avis” sur la proportionnelle.
“Il y a quelques jours, il n’en était pas question. Aujourd’hui, je crois qu’il cherche surtout à capter les voix du Front national. C’est une perche tendue vers le Front national”, a jugé la candidate socialiste.
Revendication du FN et de l’UDF
Pour la première fois, dimanche, Nicolas Sarkozy a envisagé l’introduction de la proportionnelle à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une revendication, notamment, du Front national et de l’UDF.
Quelques jours avant le premier tour, le président de l’UMP avait pourtant désavoué son bras droit Brice Hortefeux, qui avait évoqué la possibilité d’élire une soixantaine de députés à la proportionnelle à l’horizon 2012.

Héritage de mai 68
Lundi matin, Ségolène Royal a également dénoncé la “grande violence” et la “grande brutalité” du discours de Nicolas Sarkozy à Bercy.
Ainsi, sur mai 68, pourfendu par le candidat UMP, qui veut “liquider” son héritage, elle a rappelé que c’était aussi “11 millions de grévistes qui ont obtenu les accords de Grenelle, le droit des femmes à accéder à la contraception, un vent de liberté contre une société totalement verrouillée”.
Bilan gouvernemental
Concernant le débat qui opposera les deux finalistes, mercredi soir, Ségolène Royal a indiqué qu’elle souhaitait “une clarification du choix”. “La France est aujourd’hui en de mauvaises mains”, estime la candidate. Nicolas Sarkozy devait “accepter d’être mis devant ses responsabilités en ce qui concerne son bilan gouvernemental”.
(source AFP)

Marine Le Pen a estimé lundi que “l’imposture continuait” de la part du candidat UMP Nicolas Sarkozy, après la proposition de celui-ci de réfléchir à l’introduction “d’un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée”.
“S’il est prêt à parler de la proportionnelle”, vieille revendication du FN, “pourquoi a-t-il taclé aussi violemment (son bras droit) Brice Hortefeux quand celui-ci avait fait une proposition assez dérisoire” en ce sens, a déclaré à l’AFP la vice-présidente du FN.

Brice Hortefeux avait envisagé avant le premier tour de l’élection présidentielle l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, avant d’être désavoué par Nicolas Sarkozy qui avait déclaré ne pas se sentir “engagé” par ces propos.
M. Sarkozy “va aller jusqu’au bout de l’imposture” en reprenant des thèmes de campagne du FN, “parce qu’il se rend compte que c’est probablement l’électorat de Le Pen qui est la clef du scrutin”, et non celui de François Bayrou, a-t-elle déclaré.
Jean-Marie Le Pen “va dire ce qu’il pense de tout cela”, et puis “on va lancer la grande résistance, parce que nous pensons au fond de nous que Nicolas Sarkozy ne règlera aucun des problèmes de la France”, a-t-elle dit.
Le président du FN, qui a obtenu 10,44 % des voix au premier tour exprimera mardi sa position pour le second tour.

Ségolène Royal invitée des 4 vérités :
Interrogée sur le meeting de Bercy de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal répond : « je crois qu’hier on a encore assisté à un discours d’une grande violence, d’une grande brutalité, et je crois que ce n’est pas de cela dont la France a besoin aujourd’hui, la France a besoin d’être réconciliée, d’être apaisée.

Les français ont besoin de se rassembler, pour pouvoir se relever, parce que la France est aujourd’hui entre de mauvaises mains, on le sait, la situation économique est difficile, l’emploi est dégradé, la précarité s’est creusée, et aujourd’hui, à la veille du 1er mai, à la veille de la fête du travail, mon combat principal c’est le combat pour le plein emploi et c’est le cœur du pacte présidentiel que je propose aux Français.
Lorsque j’entends Nicolas Sarkozy dire par exemple qu’il faut liquider « mai 68 », je pense que c’est un vocabulaire très violent, et lui qui découvre, en fin de campagne, les ouvriers avec les caméras, il devrait se souvenir que mai 68, c’est aussi 11 millions de gréviste qui ont obtenu les Accords de Grenelle, qui ont obtenu la section syndicale d’entreprise, qui ont obtenu la revalorisation de leurs salaires et en revalorisant les bas salaires, la France a été débloquée et la croissance a repris.
Mai 68 c’est aussi le droit des femmes à accéder à la contraception, mai 68 c’est un vent de liberté contre une société qui était totalement verrouillée. Alors, bien sûr, il y a eu quelques excès, comme dans toutes les périodes tourmentées, mais on en est loin aujourd’hui.

Depuis, les choses ont été recadrées. J’ai été celle qui a fait un loi sur l’autorité parentale, donc tous les excès qui ont pu avoir lieu en mai 68 ont été aussi des formidables avancées par rapport aux conquêtes de liberté, d’autonomie, d’égalité hommes/femmes, de droit syndical, je le redisais à l’instant, et en même temps, aujourd’hui, les choses ont été recadrées, en tout cas en ce qui me concerne, vous le savez. Je défends la question de l’ordre juste, parce que, sans justice, l’ordre, on sait ce que ça devient : ça devient le pouvoir de puissants sur les plus faibles.
Ségolène Royal attends du débat du 2 mai avec Nicolas Sarkozy “une clarification du choix qu’il y aura à faire”.
J’entends aussi que Nicolas Sarkozy accepte d’être mis devant ses responsabilités, en ce qui concerne son bilan gouvernemental, parce que la morale politique consiste aussi à rendre des comptes et je crois que ce moment là va permettre à la fois, va lui permettre à la fois de rendre des comptes, sur ce qu’il a fait, et de comparer les choix de société et les références de valeurs, entre lesquels les Français vont devoir choisir et entre les deux.

J’aurais mon grand rassemblement au Stade Charlety, le 1er mai. Ce qui est important dans l’évènement de Charlety, c’est que ce sont les artistes qui se sont mobilisés d’eux-mêmes et qui lancent ce grand concert de la fraternité, avec Yannick Noah, Renaud, Bénabar, Cali, Georges Moustaki, c’est-à-dire toutes les générations d’artistes et surtout tous ces artistes qui se sont aussi engagés dans des causes humanitaires et qui veulent une France où les Français ne se confrontent pas les uns contre les autres, mais où les Français apprennent, réapprennent, à vivre ensemble.
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