Julien Dray : Le Congrès d’Epinay est obsolète

Publié le par comités 11

Pour le porte-parole du PS, le rassemblement traditionnel de la gauche, hérité du Congrès d’Epinay en 1971, est “obsolète”.

Il faut “concevoir les conditions d’un nouveau rassemblement majoritaire dans le pays” estime-t-il.

Julien Dray, porte-parole du PS, a estimé, jeudi 10 mai, que “le rassemblement de la gauche tel qu’on l’a conçu dans les années 70 et 80 est obsolète dans la réalité électorale”.

Reprenant à son compte la formule utilisée par Ségolène Royal d’une alliance “arc-en-ciel”, Julien Dray a indiqué sur BFM radio et TV qu’il fallait “concevoir les conditions d’un nouveau rassemblement majoritaire dans le pays”.

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Selon lui, “la gauche est adossée à son histoire”, mais le premier tour de la présidentielle a montré que “la matrice qui a fait le Parti socialiste, c’est-à-dire le congrès d’Epinay, le rassemblement traditionnel de la gauche, a montré ses limites”.

La gauche a réuni au total au soir du 22 avril 36,5% des voix.

Quatre questions

Julien Dray a ajouté que cela ne voulait pas dire “plus à gauche ou plus à droite”.

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Il a souhaité que la gauche “clarifie” quatre questions :

l’autorité, la nation, la sécurité, le travail“.

Il a observé que pendant sa campagne, “Ségolène Royal a beaucoup modernisé et a fait beaucoup pour faire avancer l’idéologie du PS et de la gauche”.

Interrogé sur le lancement du Mouvement démocrate par François Bayrou, Julien Dray a observé que le candidat centriste (18,57% au premier tour) est “en train de larguer les amarres avec sa famille d’origine, la droite”.

“Ce mouvement est irréversible”, a-t-il jugé, en estimant que Mme Royal avait eu raison de parler d’un bout de chemin à faire avec François Bayrou.

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Le congrès d’Epinay (1971)

Tous les trois ans (sauf congrès anticipé), le Parti socialiste se réunit en congrès pour fixer sa politique et désigner ses dirigeants.

Le congrès d’Epinay, en 1971, consacre l’unité des socialistes derrière François Mitterrand, qui devient alors Premier secrétaire du parti.

Les 11, 12 et 13 juin 1971, les socialistes se réunissent à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

Participent notamment au congrès le Nouveau Parti socialiste (NPS) ; la Convention des institutions républicaines (CIR), un regroupement de clubs (Club des Jacobins, Démocratie et Université, etc.) présidé par François Mitterrand ; des militants issus du “courant chrétien” (la CFDT notamment) ; ou de nouveaux adhérents comme l’ancien MRP (Mouvement républicain populaire, démocrate-chrétien) Robert Buron.

En tout, 957 délégués, dont 800 socialistes et 97 conventionnels (CIR), participent à la rencontre.

Programme commun avec le PCF

La coalition Mauroy, Defferre, Mitterrand, Ceres (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste, gauche du parti, dont l’un des leaders est Jean-Pierre Chevènement), qui représente 51,26% des mandats, l’emporte lors du vote final sur celle de Savary, Mollet et Poperen (48,73 % des mandats).

François Mitterrand est élu Premier secrétaire, grâce notamment à l’appui de deux puissantes fédérations : les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy.
François Mitterrand doit préparer, avec l’ensemble de la direction, les bases d’un accord de gouvernement avec le Parti communiste français.

L’année suivante, le Programme commun de gouvernement d’union de la gauche sera signé entre le PS, représenté par François Mitterrand, le PCF, représenté par son secrétaire général Georges Marchais, et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG), représenté par son président Robert Fabre.

La motion finale du congrès d’Epinay se réfère à la stratégie d’union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs.

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