Ce n'est pas en dressant les français les uns contre les autres qu'on réussira les réformes

Publié le par comités 11

La France souffre : fin de mois difficiles, vie chère, menaces sur la santé avec les franchises médicales, craintes sur l'avenir des retraites, accès au logement au prix des loyers. L'avenir, qui devrait être objet d'espérance, devient toujours plus un sujet d'angoisse pour les français.


Si pendant la campagne présidentielle j'avais émis la crainte qu'avec Nicolas Sarkozy, six mois après l'élection, la France serait plongée dans un tel désordre, on aurait dit que j'exagérais. Et pourtant, le grand désordre de cet automne est en large partie la conséquence de la méthode utilisée par le pouvoir. Cette méthode date d'un autre âge : ce n'est pas en dressant les Français les uns contre les autres que l'on réussira les réformes. Elles se feront en entraînant les français, en impliquant tout le monde, plutôt qu'en humiliant, ou en brutalisant.



à Lézignan-Corbières le 7 avril 2007

Des réformes imposées d'en haut avec arrogance plongent ces jours-ci la France dans le désordre. Chacun en souffre : ceux, qui à cause de la méthode du gouvernement se sentent désignés à la vindicte, mais aussi ceux qui ont à faire face au désordre des transports et qui en paient les conséquences dans leur travail et dans leur vie de famille.


C'est d'un désordre injuste dont souffrent les Français. Le désordre, en effet, n'est pas dissociable de l'injustice avec laquelle le pouvoir engage la réforme : j'observe que c'est des petits et des moyens qu'on exige les efforts, après avoir octroyé cet été plus de treize milliards d'allégements fiscaux aux gros contribuables. Les Français sont favorables à la réforme, celle des régimes spéciaux, celle de l'autonomie des universités, et beaucoup d'autres encore. Ils comprennent que des efforts seront nécessaires, mais ils attendent que ces efforts soient justement partagés.


Je demande au pouvoir en place du respect pour chacun, notamment envers ceux qui sont directement concernés par les projets de réformes, qui doivent être traités comme des interlocuteurs, et pas comme les responsables de toutes les faiblesses de notre système de retraites. Alors que cette négociation aurait pu constituer une préparation au rendez-vous sur les retraites, légalement prévu pour 2008, il est sur le point de mettre en péril la faisabilité même de ce temps de délibération.


Pourquoi ne pas ouvrir un grenelle de la vie chère, qui serait l'occasion de discuter des salaires, du niveau des retraites, mais aussi, puisque – comme l'a dit au nom du groupe socialiste le député François Brottes - de la protection sociale et du logement ? Toutes ces données doivent être prises en compte ensemble pour favoriser la réconciliation des français avec l'idée d'avenir, car tout se tient dans la vie quotidienne.


Dans l'immédiat, pour redonner le minimum de confiance nécessaire à la reprise du dialogue social, je suggère plusieurs mesures concrètes :

- mettre fin aux abus bancaires qui plongent certaines familles dans le surendettement,

- l'amélioration de l'encadrement légal de l'évolution de certains prix et des loyers,

- la baisse des taxes sur l'essence (Total annonçait le 7 nov dernier un résultat semestriel de 3 milliards d'euros, cela entraîne 1 milliards de recettes fiscales pour l'Etat. Pourquoi ne pas utiliser ces recettes pour baisser les taxes que paie le consommateur à la pompe ?).





Ségolène Royal veut "un Grenelle du pouvoir d'achat"

Ségolène Royal a réclamé mardi la convocation "d'un Grenelle du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites" pour résoudre les conflits sociaux, critiquant la politique de "désordre injuste" de l'exécutif.

"On ne réforme pas la France dans la brutalité et l'arrogance en dressant les Français les uns contre les autres".

"Nicolas Sarkozy doit nous dire comment il compte réformer la France en entraînant tout le monde", ce qui implique de "donner une explication claire d'une répartition juste des efforts à accomplir et des progrès à distribuer et à répartir".

Elle a demandé au gouvernement de "remettre dès maintenant l'ensemble des partenaires autour de la table, autour d'un Grenelle du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites, parce que tout se tient", précisant que "dans ce Grenelle, il (fallait) intégrer les questions de santé et de logement".



à Narbonne le 4 novembre 2006

Selon la présidente du Poitou-Charentes, "il y a une sorte de désordre, d'incertitude, de sentiment que les efforts sont inégalement demandés. En six mois, le pouvoir a donné beaucoup aux gros, et s'en est pris aux petits et aux moyens, et c'est pour ça que les réformes ont du mal à passer".

"Finalement, nous avons un désordre injuste dont souffrent les Français.

Donc, il faut rétablir de l'ordre juste", a ajouté Mme Royal, pour qui "il y a parfois des réformes qui vont dans le bon sens mais qui, à cause d'une méthode détestable, sont vouées à l'échec".

Elle a jugé qu'il fallait "réformer le système pour garantir aux Français le maintien du niveau des retraites et remonter les petites retraites".

 


J'appelle le gouvernement à sortir de son entêtement

De l'aéroport de Rochambeau, en Guyane, Ségolène Royal, a appelé vendredi le gouvernement français à "sortir de son entêtement face au mouvement social en cours".

"Le gouvernement porte une grande partie de la responsabilité de ce qui se passe pour avoir tardé à négocier".

"Mieux vaut tard que jamais, il faut absolument que le gouvernement accepte la proposition qui est faite par les organisations syndicales de se mettre autour d'une table pour discuter les conditions de la négociation".



Ségolène Royal en Guyane

"On ne peut pas s'amuser à faire des bras de fer pour savoir qui perd la face et qui ne la perd pas. Pour que les usagers du service public sortent de la galère qu'ils subissent, il faut que le gouvernement fasse un effort puisque les syndicats en ont fait un en acceptant de négocier et en acceptant le principe de la réforme".

"Il faut accepter de temps en temps de perdre la face. Aujourd'hui il y a du désordre en France, et les premières victimes de ce désordre, ce sont les usagers, et souvent des catégories moyennes et modestes, qui n'ont pas les moyens d'autres modes de transport, donc ils perdent du temps pour aller au travail, ce sont des familles perturbées dans leur vie, et ce sont des salariés inquiets pour leur avenir. Le désordre vient quand il y a un sentiment d'injustice. Si on veut que l'ordre qui permet à chacun de vivre bien dans notre pays revienne, il faut que le gouvernement apporte la preuve que les réformes qu'il propose sont justes".


Ségolène Royal a achevé une visite de quatre jours à l'invitation du président du Conseil régional de Guyane, Antoine Karam (Parti Socialiste Guyanais).


 


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