Bruno Rebelle dénonce des tentatives de déstabilisation
Bruno Rebelle, membre de l’équipe de campagne de la candidate socialiste à la présidentielle et ex-directeur de Greenpeace France, a dénoncé, samedi 3 février, des “tentatives de déstabilisation de l’équipe de Ségolène Royal”, après avoir consulté à la Commission national de l’informatique et des libertés (Cnil) le dossier des Renseignements généraux (RG) le concernant.

“Dès l’instant où il est connu publiquement que j’ai rejoint l’équipe de Ségolène Royal le 4 janvier, que les investigations se poursuivent, que dans une note du 22 janvier, les services reconnaissent que je ne suis plus en fonction dans l’organisation Greenpeace, que d’autres informations vont être communiquées à la presse le 24 janvier [jour où Le Canard Enchaîné a publié les informations sur M. Rebelle], il y a effectivement abus dans le sens où ces investigations n’auraient jamais dû avoir lieu”, a-t-il argumenté.
PLAINTE CONTRE X POUR ATTEINTE À L’INTIMITÉ DE LA VIE PRIVÉE
“Donc, ce sont effectivement des tentatives de déstabilisation de l’équipe de Ségolène Royal”, a-t-il estimé, après une heure et demie de consultation de son dossier avec son avocat Jean-Pierre Mignard et en présence de policiers des RG et de deux magistrats de la Cnil.
M. Rebelle a porté plainte contre X, le 26 janvier, pour “collecte et traitement de données à caractère personnel et atteinte à l’intimité de la vie privée”. Le dépôt de plainte faisait suite à la publication par Le Canard Enchaîné d’informations selon lesquelles les RG auraient enquêté sur lui à la demande du cabinet du ministre de l’intérieur et candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy.
AFP

Rebelle: une pléthore de notes des RG les 2 jours après qu’il ait rejoint l’équipe de Ségolène !!!
Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace France et conseiller de Ségolène Royal, a consulté samedi le dossier des Renseignements généraux le concernant et dénoncé une tentative de “déstabilisation” de la candidate socialiste à la présidentielle.

Accompagné de son avocat Me Jean-Pierre Mignard, Bruno Rebelle s’est rendu à 14h30 (13h30 GMT) au siège de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour étudier les notes des RG en présence de trois magistrats de la Cnil et de trois représentants des Renseignements généraux. La consultation a duré plus d’une heure.
“Il y a un premier dossier avec à peu près 99 pièces, un deuxième avec une vingtaine de pièces. Il y a beaucoup d’informations sur la période 1997-2003, quand j’étais directeur de Greenpeace France, et sur 2003-2006, quand j’étais directeur international des programmes de Greenpeace”, a précisé Bruno Rebelle par téléphone à Reuters.
“Il y a soudainement une inflation de notes et de coupures de presse au mois de janvier 2007, pas toutes cohérentes les unes avec les autres.
Il est mentionné que j’ai rejoint l’équipe de Sègolène Royal“, a-t-il ajouté.
Bruno Rebelle a intégré l’équipe de campagne de Ségolène Royal le 4 janvier.
“Il y a des incohérences sur le ‘timing’ et sur les raisons données à la réactualisation de ma notice.
Les RG invoquent la contestation croissante sur l’EPR (réacteur nucléaire de troisième génération, ndlr), sur le sommet franco-africain (en février à Cannes) et sur le forum social de Nairobi (fin janvier)“, a-t-il rapporté.
Mais il y a “pléthore de notes les 5 et 6 janvier“.
“C’est bien qu’il y a eu ordre. Il y avait une volonté d’investiguer sur ma personne”.
“Ayant une notice aux RG du fait de mon passé que j’assume complètement, il était facile de tenter de me déstabiliser et ce faisant de déstabiliser la candidate socialiste”, a estimé Bruno Rebelle, visant implicitement les services du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’Elysée.
“Les justifications qui me sont données tendent à confirmer qu’il y a un malaise sur ce dossier et laissent à penser qu’on veut cacher quelque chose de plus sérieux”, a-t-il ajouté, estimant avoir vu samedi “une version épurée” de son dossier.
Bruno Rebelle a porté plainte contre “X” la semaine dernière pour “collecte et traitement de données à caractère personnel et atteinte à l’intimité de la vie privée”.
Cette décision faisait suite à la publication par Le Canard Enchaîné d’informations selon lesquelles les RG auraient enquêté sur lui à la demande de Nicolas Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur a démenti avoir donné une consigne en ce sens.

Fiché aux RG, Bruno Rebelle relève des “incohérences”
L’ancien responsable de Greenpeace Bruno Rebelle a consulté samedi le dossier que les Renseignements généraux ont rassemblé sur lui et qui a été actualisé après le 4 janvier, date de son ralliement à l’équipe de Ségolène Royal.
N’y trouvant pas certains éléments sur sa vie privée - qui d’après un journal apparaissaient pourtant dans sa notice -, il a confié “rester sur (sa) faim”.

“Les incohérences qui existent dans ce dossier montrent bien qu’on ne me dit pas la vérité aujourd’hui”, a-t-il lancé en sortant du siège de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), à Paris.
Il venait d’y consulter, pendant un peu plus d’une heure et demie, les documents le concernant apportés en début d’après-midi par Denis Tromeur, sous-directeur à la DCRG (Direction centrale des renseignements généraux).
Bruno Rebelle a déploré “que le candidat de l’UMP utilise, semble-t-il, les moyens auxquels il a accès en violation des pratiques républicaines et en violation probablement même de la loi”.
Les RG sont placés sous l’autorité du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, adversaire de Ségolène Royal dans la course à l’Elysée.
Bruno Rebelle a présidé Greenpeace France jusqu’en juin 2003 et il a quitté les dernières fonctions qu’il occupait au sein de l’organisation écologiste internationale en novembre 2006.
Le 4 janvier 2007, il a été annoncé publiquement qu’il devenait conseiller de Ségolène Royal pour l’environnement.
Selon son avocat, les RG auraient alors dû cesser de mettre sa fiche à jour. “C’est la loi“, a affirmé samedi Me Jean-Pierre Mignard.
Or, les RG ont continué à enquêter après cette date. Bruno Rebelle, qui a vu dans son dossier des documents datant du 22 janvier 2007, a dénoncé ces pratiques qui avaient pour but selon lui de “déstabiliser” l’équipe de candidate socialiste.
Brigitte Rossigneux, la journaliste du “Canard Enchaîné” qui a révélé l’affaire le 24 janvier, affirme que la note sur Bruno Rebelle a été actualisée “à la demande expresse du cabinet de Nicolas Sarkozy“.
Elle affirme que six policiers ont été mobilisés et que la “vie personnelle” de Bruno Rebelle a été examinée, notamment son divorce.
D’autres journaux qui se sont procuré la fiche, dont “Le Monde” et “Le Parisien”, n’ont pas trouvé trace d’enquête sur ce divorce.
Brigitte Rossigneux assure qu’une “version light” de la notice a été transmise à ses confrères.
Bruno Rebelle a laissé entendre que le dossier que lui ont présenté samedi les RG avait peut-être été édulcoré.
“Les éléments concernant ma vie privée qui ont été communiqués dans la presse n’y figurent pas“, a-t-il rapporté.
“Je reste sur ma faim”. Rappelant que la police des polices avait ouvert une investigation sur une fuite, il a remarqué: “s’il y a fuite, c’est bien qu’il y a information”.
Le conseiller de Ségolène Royal a porté plainte contre X pour atteinte à l’intimité de sa vie privée. Selon son avocat, Me Mignard, un juge d’instruction devrait être désigné “dans les jours qui viennent” et il pourrait entendre les policiers susceptibles d’avoir mené l’enquête controversée.
AP
