ZEP : Jacques BASCOU dénonce le “déshabiller Pierre pour habiller Paul”

Publié le par comités 11

A l’Assemblée Nationale :

“Le quartier Saint-Jean-Saint-Pierre de Narbonne doit-il selon vous, conserver ou voir disparaître les moyens supplémentaires de l’éducation prioritaire ?”

J’ai posé la question ce mardi 13 février à la tribune de l’Assemblée Nationale.

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Auparavant, et les deux dossiers sont liés, j’avais interpellé le gouvernement sur “la réduction des moyens pédagogiques qui menace de détruire le système actuel de l’éducation prioritaire” en insistant sur le fait que “Sous prétexte d’actualiser la carte de l’éducation prioritaire les Rectorats d’académies sont en train de la remettre en cause”.

Des réseaux d’établissements disposant depuis des années de moyens pédagogiques supplémentaires dans certaines zones défavorisées socialement sont menacés.

De nouveaux critères permettraient surtout de réaffecter ces moyens sur des collèges récemment classés “Ambition réussite” selon la technique du déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Cette réforme engagée dès l’année 2005-2006 remet en cause le socle des Zones d’Education Prioritaire, à savoir la situation sociale d’un quartier : ainsi la ZEP de Saint-Jean-Saint-Pierre à Narbonne, qui fonctionne à la satisfaction de tous grâce à l’engagement des enseignants et l’investissement des différents acteurs associatifs et sociaux du quartier.

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Son collège Georges Brassens accueille 30% d’élèves issus de communes rurales voisines.
Ce recrutement élargi, voulu par les élus, permet d’assurer une meilleure mixité sociale, mais la situation réelle des familles du quartier est plus difficile que ne le montrent les indicateurs de ce seul collège.

Par ailleurs, les résultats du collège en 6ème sont améliorés grâce aux moyens donnés aux écoles maternelles et primaires du quartier dans le cadre de la ZEP.

Une interprétation rapide des indicateurs sans prendre en compte l’état social du quartier qui est classé en Zone Urbaine Sensible, pourrait conduire à priver le collège mais aussi les écoles maternelles et primaires, des moyens supplémentaires dont ils disposaient depuis 1982 grâce à la ZEP.

Cette remise en cause de la ZEP a été provisoirement suspendue pour un an à la suite d’une forte mobilisation des élus, des enseignants et des parents d’élèves, mais la menace demeure.

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Dans sa réponse, M. François GOULARD, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, déclarait au nom du Ministre de l’Éducation Nationale :

“Un récent rapport de l’Inspection générale a confirmé qu’il était plus qu’urgent de redonner une dynamique à l’Éducation Prioritaire qui souffrait depuis plusieurs années de l’absence d’une politique clairement définie, d’un empilement de mesures et d’un certain éparpillement de moyens.

Nous avons souhaité rénover le dispositif afin de concentrer des moyens là où ils sont véritablement nécessaires. (…) Et c’est pour cela que le ministre a confié aux Recteurs une mission, celle de réévaluer les réseaux de réussite éducative à partir des modèles que constituent les réseaux Ambition Réussite.”

« Rien » assura le Ministre « ne se fera sans concertation, avec les usagers, avec les partenaires de l’école, dont les collectivités territoriales, naturellement, sans avoir réfléchi à partir d’indicateurs objectifs et transparents.

Et en raison de cela, le collège Georges BRASSENS, et les écoles du quartier Saint-Jean-Saint-Pierre de Narbonne, s’ils ont connu une amélioration de leur contexte urbain et socioculturel méritent néanmoins une attention particulière.

C‘est pour cette raison que le Recteur a décidé de les maintenir dans l’ Éducation Prioritaire, et je peux vous dire, au nom du Ministre de l’Éducation Nationale, Monsieur le Député qu’ils recevront à cet effet les moyens prévus au titre de l’Éducation Prioritaire pour la rentrée scolaire prochaine.»

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En réponse, je devais cependant constater :

La semaine dernière, nous avons eu la présentation de la carte scolaire du département de l’Aude et des menaces pèsent sur un certain nombre de classes maternelles ou primaires, notamment dans une ZEP.

Même si les ZEP n’ont pas marché partout, leur logique était de prendre la réalité sociale du quartier, mais aussi de considérer le système scolaire, de la maternelle au lycée, dans sa globalité.

Et cela, je crois que c’est important. Vous avez fait allusion à des rapports, il y a aussi beaucoup de rapports qui disent l’importance de l’apprentissage de la lecture et des moyens investis dans les petites classes.

Sur la carte scolaire de l’Aude, justement parce qu’il y a diminution des moyens, la scolarisation à deux ans - dont on disait que c’était une exception Audoise - est aujourd’hui remise en cause.

Et pour les familles défavorisées il est essentiel qu’il y ait cette scolarisation dès deux ans, parce que c’est une scolarisation progressive. Je sais qu’il y a débat mais en tous cas, si la ZEP de Saint-Jean-Saint-Pierre a réussi c’est aussi parce qu’il y a cette approche.

Et là, aujourd’hui, il y a une remise en cause au niveau des maternelles et des écoles primaires qui risque d’avoir des conséquences, après, sur le collège.

Lire aussi :

* ZEP de Narbonne : Réponse de Ségolène ROYAL


BASCOU et ROYAL

Jacques BASCOU, Député de l’Aude

 



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Publié dans Actualités Audoises

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