Les propositions de Sarkozy dresseront les Français les uns contre les autres

Publié le par comités 11

Ségolène Royal à propos des propositions sociales de Nicolas Sarkozy.

En présence de salariés de Geodis, confrontés à un plan de suppressions d’emplois, Ségolène Royal est revenu sur certaines propositions du candidat UMP.

J’entends certains qui parlent de revaloriser le travail et qui proposent comme solution de détaxer les heures supplémentaires. Ces propositions sont dangereuses, car elles vont creuser le délitement du lien social“.

Ségolène Royal craint qu’avec une telle mesure, “ça coûtera moins cher” de faire faire des heures supplémentaires que d’embaucher un nouveau salarié.

Ce n’est certainement pas en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune, comme le propose le candidat de la droite, qu’on remettra la France debout, et certainement pas en faisant travailler les salariés jusqu’à 70 ans, comme (Nicolas Sarkozy) le propose“.

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Ces propositions sont dangereuses, elles creuseront les brutalités, les violences, les frustrations, elles dresseront les Français les uns contre les autres“. Elles “ne sont pas crédibles, pas sérieuses“.

C’est en augmentant le pouvoir achat des bas salaires aussi que nous relancerons la machine économique, certainement pas en réaménageant la fiscalité et en favorisant la rente par la suppression de l’ISF“.

Ségolène Royal dénonce “le capitalisme financier destructeur pour nous tous“.

Je veux que la France mette en place un ordre économique et social juste. Ce n’est pas juste lorsque des salariés sont licenciés d’une entreprise qui fait des bénéfices et demain, ce ne sera plus possible“, s’indigne-t-elle, rappelant sa proposition d’obliger les entreprises dans ce cas à “rembourser toutes les aides publiques” qu’elles ont perçues.

Ségolène Royal indique qu’elle dira à Angela Merkel, lors de leur rencontre le 6 mars, “un certain nombre de choses“. “Il faut sortir de cette inertie libérale, l’Etat peut encore peser, je veux un Etat fort, qui négocie avec ses partenaires européens” en faveur d’une régulation économique et sociale.


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Il va falloir changer les choses en profondeur pour mettre les entreprises devant leurs responsabilités

Ségolène royal rencontre les salariés victimes des délocalisations et des licenciements.

Venue échanger mercredi à Caen avec d’anciens salariés de Moulinex frappés par le plan social de septembre 2001 qui laissa plus de 3.200 personnes sans emploi, Ségolène Royal s’est engagée à “sanctionner” les entreprises aux “comportements totalement immoraux” et à rééquilibrer le rapport de force entre employés et salariés.

C’est elle qui a demandé à nous rencontrer parce que le dossier Moulinex est un dossier emblématique, avec 3.000 salariés qui perdent leur emploi en un jour“, explique Jean-Louis Jutan, toujours au chômage, un des représentants syndicaux les plus actifs lors du plan social.

Cet exemple de salariés maltraités, méprisés, écrasés n’est pas tolérable“, s’indigne Ségolène Royal. “Les cellules de reconversion ont eu, pratiquement, très peu d’impact” et les salariés sont “restés sans alternative, sans ressources, sans ressort“. “Il va falloir changer les choses en profondeur pour mettre les entreprises devant leurs responsabilités“. Sa proposition: “sanctionner” le “comportement sans gêne de la part des patrons qui se sentent à l’abri de tout contrôle et de tout rapport de force social“.

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Il faut que les “sans-voix, les gens qu’on appelle le petit peuple puissent être reconnus à travers vous et écoutés“, demande une ancienne salariée à la candidate. “Vous le serez! J’ai entendu ce message, ce cri“, répond la candidate de “ceux qui n’ont pas la parole“.

Mardi, à Rennes, Ségolène Royal a rencontré des salariés d’Alcatel-Lucent, groupe qui a annoncé le 14 février la suppression de 1.468 emplois en France. Les deux sites les plus touchés en province sont ceux de Rennes Cesson et Rennes Saint-Grégoire, avec 206 postes menacés. “Cette délocalisation n’a aucun sens et nous devons y résister“.

Jeudi dernier, en visite dans la Somme, la candidate de gauche s’était déjà entretenue avec des représentants de l’intersyndicale d’Airbus Méaulte. “L’Etat ne doit pas baisser les bras notamment lorsqu’il est actionnaire dans un certain nombre d’entreprises. Il doit se battre“.

Un sujet au coeur des préoccupations de Ségolène Royal qui veut faire de son “pacte présidentiel” un arsenal contre les licenciements boursiers ou abusifs. Les entreprises qui délocalisent ou licencient alors qu’elles font des profits “substantiels” seraient ainsi contraintes de rembourser les aides publiques. “Elles vont réfléchir à deux fois, parce que ça chiffre vite“, menace Ségolène Royal, qui entend “sanctionner” les entreprises “sans gêne” mais encourager celles qui créent des emplois ou conquièrent des marchés.

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Son programme prévoit également de renforcer le dialogue social pour que les syndicats soient informés “en amont” des stratégies industrielles des entreprises, afin de pouvoir tirer à temps la sonnette d’alarme auprès des pouvoirs publics, en particulier des régions, qu’elle veut mettre “en première ligne” sur l’emploi. “C’est ça qui doit changer, le rapport de force avec les salariés“. Ceux-ci “sont prêts à des mutations, à comprendre que les marchés évoluent, qu’à un moment les entreprises sont en difficulté“.

En cas de rupture d’emploi ou de reconversion, la candidate socialiste prévoit que tout salarié bénéficierait d’une “Sécurité sociale professionnelle“, qui garantirait 90% du dernier salaire net pendant un an, une formation qualifiante et une aide personnalisée à la recherche d’emploi. Enfin, elle préconise la mise en place d’une agence nationale de réindustrialisation.

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Projet de l’UMP, un danger pour le pays

Ségolène Royal estime que les propositions de Sarkozy en matière économique et sociale ne sont ni crédibles ni sérieuses mais dangereuses pour la France.

En déplacement en Mayenne au lendemain de son premier grand meeting régional à Rennes, la candidate socialiste à la présidentielle a notamment dénoncé les projets du candidat de l’UMP de défiscaliser les heures supplémentaires et de repousser l’âge de la retraite.

“Il faut faire barrage à tout prix à des propositions qui non seulement ne sont pas crédibles mais, je le répète, ne sont pas sérieuses et, j’insiste, sont dangereuses pour la France parce qu’elles vont creuser les inégalités, les brutalités, les frustrations et les oppositions”, a fait valoir la présidente de Poitou-Charentes devant plusieurs centaines de personnes réunies dans la salle des fêtes de Changé.

“Je veux avantager le travail et certainement pas le capital ou la rente”, a-t-elle insisté, opposant son concept de “travailler tous” à l’idée défendue par le candidat de droite de “travailler plus”.

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“J’entends certains qui parlent de revaloriser le travail et qui proposent comme solution de détaxer les heures supplémentaires”, a-t-elle poursuivi. “A quoi cela rime-t-il de faire en sorte qu’une heure de travail supplémentaire coûtera moins cher que l’embauche d’un nouveau salarié?”.

“Ce n’est pas ma vision des choses. Je crois que la revalorisation du travail, c’est d’abord de donner du travail à plus de monde”, a fait valoir la candidate de gauche, qui a répété plusieurs fois son slogan de campagne, “plus juste, la France sera plus forte”.

SEANCE PHOTOS DANS LE JARDIN

A son arrivée à Changé, la candidate socialiste a été accueillie par une délégation d’une quarantaine de salariés de Geodis, la filiale fret et logistique de la SNCF qui a annoncé des suppressions d’emploi.

“Je veux que la France mette en place un ordre économique et social juste. Et ce n’est pas juste lorsque des salariés sont licenciés d’une entreprise qui fait des bénéfices”, a expliqué Ségolène Royal, qui s’est également élevée contre les suppressions de postes chez Alcatel ou le plan de réorganisation d’Airbus.

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“Demain, ça ne sera plus possible de licencier lorsqu’on fait des bénéfices ou de délocaliser lorsqu’on fait des bénéfices”, a-t-elle assuré. Les entreprises devront dans ces cas rembourser les aides publiques, a-t-elle expliqué à la salle, reprenant l’une des “cent propositions” de son “pacte présidentiel”.

Comme elle l’avait fait à Villepinte le 11 février puis mardi soir à Rennes, elle a chargé les sympathisants socialistes de “porter le pacte vers les Français” à deux mois du premier tour.

“Je vous redis: mon équipe de campagne, c’est vous qui êtes là aussi nombreux rassemblés! J’ai compris votre peur lorsque je trébuche et votre satisfaction lorsque je me relève”, a souligné Ségolène Royal, qui avait fait son entrée sur l’air de Gilbert Bécaud, “L’important, c’est la rose”.

“Il y aura d’autres épreuves. La campagne est encore longue. Il y a deux mois avant le premier tour mais grâce à vous je me sens sereine. Je sens une forme de force intérieure”, a-t-elle assuré avant d’aller se livrer à une séance photos avec les militants dans le jardin municipal.

Reuters

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Ségolène Royal attaque les propositions “pas crédibles” et “dangereuses” de Sarkozy

Revigorée par son intervention télévisée sur TF1 et son rebond dans les sondages, Ségolène Royal part à l’offensive: la candidate du PS a attaqué mercredi les propositions “pas crédibles”, “pas sérieuses” et “dangereuses” de Nicolas Sarkozy en matière d’emploi, de pouvoir d’achat ou de réforme des retraites.

“Il faut faire barrage à tout prix à des propositions qui non seulement ne sont pas crédibles, mais ne sont pas sérieuses et sont dangereuses pour la France parce qu’elles vont creuser les inégalités, les brutalités, les frustrations et les oppositions”, a-t-elle souligné lors d’une réunion publique devant près de 500 personnes à Changé, en Mayenne, à l’occasion d’une tournée en Bretagne et en Basse-Normandie.

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Ségolène Royal a d’abord accusé son rival de l’UMP de vouloir “précariser le travail” en généralisant le contrat nouvelles embauches (CNE). Elle a de nouveau fustigé sa proposition de détaxer les heures supplémentaires et de les exonérer de cotisations sociales. “A qui fera-t-on croire que ce sont les salariés qui choisissent de faire des heures supplémentaires?”, a protesté celle qui veut “revaloriser la valeur travail”. “Une heure de travail supplémentaire coûtera moins cher que l’embauche d’un nouveau salarié”, a-t-elle relevé.

On ne pourra pas “remettre la France debout” en “faisant travailler les salariés de plus de 70 ans” et “certainement pas en supprimant l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune, NDLR) comme le propose le candidat de la droite”, a-t-elle encore sermonné. “C’est cela qui ronge et qui sape les fondations de la maison France”.

Regonflée par la forte audience de son passage sur TF1 lundi et par une enquête CSA qui la donne en hausse, Ségolène Royal refuse toutefois de céder au triomphalisme, admettant qu’il lui arrive de “trébuche(r)”. “Il y aura d’autres épreuves. La campagne est encore longue”, a-t-elle temporisé, rappelant qu’”il y a deux mois avant le premier tour”. Mais “grâce à vous, je me sens sereine, je sens une forme de force intérieure”, a-t-elle lancé à ses partisans.

Source AP

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L’effet du CNE sur l’emploi est insignifiant et inutil dans 70% des embauches

L’effet du CNE sur l’emploi serait plus limité qu’attendu selon une étude du ministère de l’Emploi réalisée en octobre et novembre 2006 auprès des chefs d’entreprise ayant procédé à une déclaration unique d’embauche en CNE, CDI ou CDD de plus d’un mois en mai 2006.

Seuls 8% des patrons ayant embauché en CNE en mai 2006 disent qu’ils n’auraient pas embauché sur le poste de travail si le CNE n’avait pas existé.

“Plus de sept fois sur dix, les chefs d’entreprise déclarent qu’ils auraient embauché à la même date sous une autre forme de contrat”, est-il précisé dans cette étude, la deuxième réalisée par le ministère de l’Emploi sur l’utilisation du CNE après celle de mars 2006.

 

Soulignant que l’enquête ne permet pas de mesurer précisément les effets nets du CNE sur l’emploi, ses auteurs constatent que “le nombre de salariés en CNE à la fin 2006 apparaît près de deux fois plus faible que le total des flux d’embauche estimés sur 2005 et 2006 :

de l’ordre de 360.000 à 460.000 salariés fin 2006, sur la base d’estimations très frustres, contre 785.000 intentions d’embauches recensées sur l’ensemble des deux années”.

Créé en août 2005 par le Premier ministre Dominique de Villepin, le CNE est un contrat à durée indéterminé, réservé aux entreprises employant jusqu’à vingt salariés, qui peut être rompu par l’employeur pendant deux ans.

Le gouvernement qui en a fait une des pierres angulaires de sa politique de lutte contre le chômage a estimé qu’il devrait à terme représenter 700.000 embauches en année pleine et permettre 70.000 créations d’emplois chaque année.

Selon l’étude, “les réponses (des chefs d’entreprise) suggèrent que “le CNE a permis d’accélérer les embauches dans les petites entreprises” et qu’il est utilisé “pour tester plus longtemps les salariés et se prémunir d’une éventuelle baisse d’activité”.

Ainsi, pour les salariés embauchés en mai 2006, 60% travaillent encore dans l’entreprise six mois après contre près de huit sur dix pour les CDI.

Parmi les salariés embauchés en CNE au mois d’octobre 2005, sept sur dix travaillaient encore dans la même entreprise au bout de six mois et un sur deux au bout de douze mois.

Sur un an, un sur quatre a démissionné et le quart restant a quitté l’entreprise à l’initiative de l’employeur ou d’un commun accord avec ce dernier.

L’enquête permet aussi de mieux déterminer le profil des salariés embauchés en CNE qui sont plus souvent des hommes que ceux embauchés en CDI ou en CDD de plus d’un mois.

Ils sont moins diplômés et ils travaillent plus souvent à temps complet. Plus jeunes que les salariés embauchés en CDI ou en intérim, ils sont en revanche un plus âgés que les salariés embauchés en CDD de plus d’un mois.

“Cette situation intermédiaire entre CDI et CDD, se retrouve en terme de salaire : quatre salariés embauchés en CNE sur dix perçoivent un salaire d’embauche qui ne dépasse pas le Smic, contre trois sur dix de ceux embauchés en CDI et cinq sur dix de ceux embauchés en CDD”, selon l’enquête.



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