Quelle opposition avec la droite et la gauche rassemblées ?
Le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a dénoncé dimanche “le bal des fanfarons” entre “Nicolas Sarkozy qui croyait qu’il était déjà élu” et “François Bayrou qui se voit déjà au second tour”.
“La campagne doit se faire sur les propositions, les idées, les choix”, a estimé François Hollande sur Canal+, en regrettant les coups bas de la campagne.

Interrogé sur le bilan du président Chirac à l’Elysée, il a estimé que “c’est un échec”.
“Il avait été élu en 1995 sur le thème de la fracture sociale”.
Aujourd’hui, “ça paraît loin et pourtant la fracture sociale, elle s’est encore élargie depuis 1995″.
“C’est un échec”, selon lui, car “le chômage reste à un niveau élevé”, “la précarité s’est développée”, “l’endettement public atteint un niveau record”.
En revanche, “le seul élément sur lequel tous les Français se sont retrouvés derrière Jacques Chirac, c’est le refus d’intervenir en Irak militairement avec les Américains”.
“Je pense que pour la France aujourd’hui, il faut que Ségolène Royal soit la prochaine présidente de la République autour de son pacte présidentiel”, a jugé le Premier secrétaire du PS.
“Je fais en sorte qu’elle fasse le meilleur résultat au premier tour car tout va se jouer” à ce moment-là.
“Lorsque l’on est à gauche, on gouverne avec la gauche, on ne gouverne pas avec la droite”, a-t-il souligné en dénonçant la volonté de François Bayrou de faire un gouvernement ouvert à des sensibilités différentes.
“Depuis 2002″, le candidat UDF à la présidentielle est “un élément de la majorité, turbulent j’en conviens, mais il est un élément de la majorité”.
“Vous vous rendez compte que s’il y avait un gouvernement” avec “la droite et la gauche rassemblées ( …), quelle serait l’opposition? L’extrême droite.
Et on pense que se serait bon pour notre pays?”, a lancé François Hollande.
“Aujourd’hui, on est plutôt dans le bal des fanfarons.
Il y a Nicolas Sarkozy qui, il y a quinze jours, croyait qu’il était déjà élu. C’était fait et il n’avait plus qu’à franchir la dernière marche, il s’y voyait déjà.
Maintenant, c’est François Bayrou qui se voit déjà au second tour et personne n’a encore voté.
Il reste deux mois de campagne et je demande à ce que l’on respecte tout le monde”, a conclu le dirigeant socialiste.
AP

Ségolène Royal “n’est en aucune manière menacée par François Bayrou”, selon Jean-Pierre Chevènement
Ségolène Royal “n’est en aucune manière menacée par François Bayrou” dans l’optique du premier tour de l’élection présidentielle, a estimé dimanche matin Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et soutien de la candidate socialiste.
Malgré la montée en puissance de François Bayrou dans les sondages, où il oscille désormais entre 17% et 19% des intentions de vote, M. Chevènement considère que le candidat centriste “braconne maintenant plutôt sur le terrain de M. Sarkozy” que sur celui de Mme Royal, et se révèle “fragile” puisqu’”il y a 62% d’indécis dans ceux qui, dans les sondages, déclarent pouvoir voter pour lui”.

De fait, a résumé Jean-Pierre Chevènement sur France Inter, François Bayrou “attire moins que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, on l’a vu à la suite d’une émission de grande écoute sur TF1″.
Pour être “un nouveau Giscard”, le candidat UDF devrait “rallier les 43 députés UDR qu’avait ralliés M. Giscard d’Estaing en 1974″, a-t-il ajouté.
Pour le président du MRC, tout prête à croire que le second tour fera s’affronter les candidats PS et UMP.
A droite, a-t-il notamment observé, “les défections se produisent dans un seul sens ; par exemple, ce sont les députés centristes qui rejoignent Sarkozy, Christian Blanc, André Santini, Simone Veil”.
“Quant à la gauche, elle ne peut se rassembler que sur le seul candidat d’un changement possible, Ségolène Royal”.
Autres facteurs plaidant pour l’élimination du candidat centriste, selon Jean-Pierre Chevènement : François Bayrou “ne parle jamais des délocalisations, contrairement à Ségolène Royal”, “veut inscrire l’équilibre budgétaire dans la Constitution” et reste un homme de droite, “il suffit de voir comment il est entouré”.
“Je suis persuadé que Ségolène Royal a un énorme potentiel et que, par conséquent, elle n’est en aucune manière menacée par François Bayrou”, a-t-il conclu, notant que la candidate socialiste, par ses prises de position sur Airbus ou en matière de défense et de politique étrangère, “acquiert progressivement une véritable stature présidentielle”.
AP

François Hollande invité de Dimanche +
Le Premier secrétaire du Parti socialiste aborde le sujet d’Airbus et souligne que l’entreprise faisait partie des “fleurons de l’industrie française” quand “Lionel Jospin a quitté Matignon en 2002“.
On citait “toujours Airbus en modèle, on avait raison d’ailleurs“. “C’était une entreprise qui vendait beaucoup d’avions, gagnait des marchés contre Boeing, ce qui permettait de créer des emplois, elle se développait partout sur le territoire avec la sous-traitance. On en était fiers“.
Il déclare que l’avionneur européen avait “beaucoup retardé le temps de l’annonce” de son plan de restructuration, et ajoute qu’il avait “fallu le faire car les Allemands n’ont pas d’élection à court terme” et qu’”ils demandaient que l’entreprise puisse être restructurée“.

“On demande aux salariés de faire un effort, un sacrifice, par rapport à des erreurs de gestion qui ont été commises“, ajoute le député socialiste de Corrèze. Pour lui le gouvernement n’a pas”fait son travail d’actionnaire” et n’a “pas contrôlé“.
A propos du “ plan que propose” le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy, François Hollande déclare que c’est “un désengagement de l’Etat et l’arrivée d’un partenaire privé“.
Pour le Premier secrétaire du PS, les Français sont “devant un choix” et “c’est bien qu’il en soit ainsi à la veille d’une élection“. La question centrale à ses yeux est: “Veut-on une grande entreprise européenne avec des capitaux publics?”
François Hollande préfère “une entreprise européenne avec des capitaux publics mais aussi des capitaux privés pour être les meilleurs dans la compétition internationale“.
Il revient ensuite sur la campagne présidentielle. Il estime d’abord que le bilan du président Chirac à l’Elysée “est un échec“. “Il avait été élu en 1995 sur le thème de la fracture sociale“. Aujourd’hui, “ça paraît loin et pourtant la fracture sociale, elle s’est encore élargie depuis 1995“.
“C’est un échec” car “le chômage reste à un niveau élevé“, “la précarité s’est développée“, “l’endettement public atteint un niveau record“. En revanche, “le seul élément sur lequel tous les Français se sont retrouvés derrière Jacques Chirac, c’est le refus d’intervenir en Irak militairement avec les Américains“.
“Je pense que pour la France aujourd’hui, il faut que Ségolène Royal soit la prochaine présidente de la République autour de son pacte présidentiel. Je fais en sorte qu’elle fasse le meilleur résultat au premier tour car tout va se jouer” à ce moment-là.
“Lorsque l’on est à gauche, on gouverne avec la gauche, on ne gouverne pas avec la droite“, souligne-t-il en dénonçant la volonté de François Bayrou de faire un gouvernement ouvert à des sensibilités différentes. “Depuis 2002“, le candidat UDF à la présidentielle est “un élément de la majorité, turbulent j’en conviens, mais il est un élément de la majorité“.
“Vous vous rendez compte que s’il y avait un gouvernement” avec “la droite et la gauche rassemblées, quelle serait l’opposition? L’extrême droite. Et on pense que se serait bon pour notre pays?“.
“Aujourd’hui, on est plutôt dans le bal des fanfarons. Il y a Nicolas Sarkozy qui, il y a quinze jours, croyait qu’il était déjà élu. C’était fait et il n’avait plus qu’à franchir la dernière marche, il s’y voyait déjà. Maintenant, c’est François Bayrou qui se voit déjà au second tour et personne n’a encore voté. Il reste deux mois de campagne et je demande à ce que l’on respecte tout le monde“.
“La campagne doit se faire sur les propositions, les idées, les choix“.
