Notre recherche et lenseignement supérieur sont paupérisés
Ségolène Royal présente les mesures de son plan de mobilisation nationale pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Invitée de la Confédération des jeunes chercheurs (CJC) à Strasbourg, Ségolène Royal, a réitéré sa promesse d’augmenter les crédits à la recherche et à l’enseignement supérieur de 10% par an pendant cinq ans. Elle annonce la mise en place d’un “nouveau système de prêts” et d’une “allocation d’autonomie” pour les étudiants.
Cette allocation sera accordée “sous condition de ressources à tous les étudiants qui acceptent de participer au soutien scolaire des jeunes en difficulté“.

Ségolène Royal plaide pour une “revalorisation des allocations de recherche” ainsi que pour une pleine reconnaissance du doctorat dans le monde du travail.
Elle juge les débouchés pour les chercheurs insuffisants dans le secteur public comme dans le secteur privé “le crédit impôt recherche (aux entreprises) pourrait être en partie conditionné à l’embauche de docteurs“.
Au plan européen, Ségolène Royal envisage de “demander à l’Union européenne que les dépenses publiques de Recherche et Développement ne soient plus inclues dans les critères du pacte de stabilité“, qui limite à 3% du PIB le déficit public autorisé des pays de la zone euro.
Elle réaffirme le “principe d’accueillir tous les bacheliers qui souhaitent continuer leur formation dans un établissement d’enseignement supérieur“, et se prononce pour que les étudiants de premier cycle bénéficient d’un “suivi et un encadrement plus fort, une aide personnalisée” durant les deux premières années d’enseignement supérieur.

Ségolène Royal : 9 à 12 milliards de plus pour la recherche
LLKIRCH-GRAFFENSTADEN, Bas-Rhin (Reuters) - Ségolène Royal a précisé ses propositions pour la recherche qui devraient, selon elle, représenter un effort budgétaire de 9 à 12 milliards d’euros sur cinq ans.
“Je me suis engagée à augmenter de 10% les crédits pour la recherche et l’innovation. C’est 9 à 12 milliards d’euros sur cinq ans”, a affirmé la candidate socialiste à la présidentielle devant 200 jeunes chercheurs réunis à Illkirch-Graffenstaden, une commune de l’agglomération strasbourgeoise.

Accompagnée de Jack Lang et Jean-Pierre Chevènement, deux anciens ministres de l’Education, elle a brossé un sombre tableau d’une recherche et d’une université “paupérisées”.
L’effort budgétaire qu’elle propose serait financé par des économies et des redéploiements de crédits, ainsi que par une “réforme de l’Etat” et une chasse aux “gaspillages”, a-t-elle expliqué à la presse après son discours.
“Je l’ai fait dans ma région. J’ai fait des économies, j’ai remis à plat des subventions à certaines entreprises qui n’avaient pas de raison d’être et je les ai réinvesties dans la recherche en créant de véritables contrats de travail pour les jeunes doctorants”, a précisé la présidente de la région Poitou-Charentes.
Son adversaire de l’UMP, Nicolas Sarkozy, a également évoqué une augmentation des crédits à la recherche d’un montant de 9 milliards d’euros.
Autre similitude, la proposition de la candidate socialiste de donner “plus d’autonomie pour les universités”.
“SURVIE NATIONALE”
Ségolène Royal souhaite également que les dépenses publiques en faveur de la recherche “ne soient plus incluses dans les critères du pacte de stabilité” qui impose aux pays de la zone euro des déficits publics inférieurs à 3% du PIB.
Ségolène Royal a déploré la faiblesse de la recherche dans les PME qui sont, selon elle, “les entreprises qui aujourd’hui créent des emplois”. Elle a proposé que 15% des aides qui leur sont attribuées aillent à la recherche, contre 5% actuellement.
Elle a également suggéré que le crédit impôt-recherche soit subordonné à l’embauche de docteurs et s’est engagée à créer “un statut du doctorant et à revaloriser le montant minimum de l’allocation de recherche”.

La candidate avait auparavant visité l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), un centre de recherche classé à la quatrième place mondiale dans son domaine en nombre de publications scientifiques.
Une jeune femme lui a expliqué qu’elle renonçait au “parcours du combattant” et allait devenir la neuvième chercheuse du laboratoire à s’exiler aux Etats-Unis.
“Scientifiquement, nous sommes attractifs, financièrement on ne l’est pas”, a souligné Jean-Marc Egly, directeur de recherche. Il a précisé qu’un jeune chercheur de l’IGBMC gagnait 1.000 euros, contre 1.700 au Portugal, 2.300 en Suède, et plus encore en Allemagne.
A la fin de la visite, des membres du personnel se sont amusés à constater que “Nicolas Sarkozy était resté plus longtemps” lors d’une récente visite et que les candidats faisaient “tous le même diagnostic” sans nécessairement apporter, à leurs yeux, de solution.


