Ségolène sur France Info au lendemain du meeting à Rennes

Après avoir évoqué le cas d’Alcatel, Ségolène Royal donne sa vision de la flexibilité :
“C’est bien la raison pour laquelle je veux créer la Sécurité sociale professionnelle, comme cela existe dans les pays nordiques où l’on a à la fois le plus grand seuil de sécurité dans le domaine du travail, c’est-à-dire des contrats de travail à durée indéterminée, des salaires plus élevés qu’en France et en même temps des entreprises plus agiles, même plus flexibles, allez, osons le mot.
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Donc, je crois que le nouveau modèle économique, la nouvelle façon de voit les choses, c’est de considérer que la sécurité pour les salariés est compatible et même un outil d’efficacité économique et non pas le contraire.
Ce n’est pas en faisant plus de précarité que l’on garantit la compétitivité des entreprises.
Donc, c’est une façon complètement différente de voir les choses, autrement dit des salariés qui se sentent … qui seront menacés dans leur emploi, parce que l’entreprise aura une difficulté, un marché qu’elle va perdre, une compétition internationale qui va lui donner des difficultés, elle n’aura plus l’angoisse de faire un plan social et le salarié n’aura plus l’angoisse du chômage.

Il sera sécurisé, c’est-à-dire qu’il va garder son salaire pour avoir une formation ou pour se mettre à une recherche active d’emploi ou pour trouver une nouvelle activité ou un nouveau métier.”
Elle s’exprime ensuite sur le candidat de l’UMP “ la campagne électorale et l’élection présidentielle, c’est un choix de projet de société.
Il ne faut pas recommencer 2002, 2002 où les Français ont été privés d’un véritable choix, d’une vision de la France contre une autre vision et quand j’entends le candidat de la droite faire un certain nombre de propositions qui ne me paraissent ni sérieuses, et dangereuses, je crois qu’il faut le dire.
Quand j’entends par exemple qu’il va supprimer l’impôt de solidarité de la fortune, je dis que c’est dangereux et que ce n’est pas sérieux.”
“ Il faut que les Français aient le choix, il faut que les candidats à l’élection présidentielle disent exactement ce qu’ils vont faire, pour que les Français choisissent dans quelle France ils veulent vivre.
Je suis la seule candidate à avoir pris le temps de les écouter. Je crois savoir quelle France ils ne veulent pas.”
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En présence de salariés de Geodis, confrontés à un plan de suppressions d’emplois, Ségolène Royal à propos des propositions sociales de Nicolas Sarkozy.
“J’entends certains qui parlent de revaloriser le travail et qui proposent comme solution de détaxer les heures supplémentaires. Ces propositions sont dangereuses, car elles vont creuser le délitement du lien social“.

Ségolène Royal craint qu’avec une telle mesure, “ça coûtera moins cher” de faire faire des heures supplémentaires que d’embaucher un nouveau salarié.
“Ce n’est certainement pas en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune, comme le propose le candidat de la droite, qu’on remettra la France debout, et certainement pas en faisant travailler les salariés jusqu’à 70 ans, comme (Nicolas Sarkozy) le propose“.
“Ces propositions sont dangereuses, elles creuseront les brutalités, les violences, les frustrations, elles dresseront les Français les uns contre les autres“. Elles “ne sont pas crédibles, pas sérieuses“.
“C’est en augmentant le pouvoir achat des bas salaires aussi que nous relancerons la machine économique, certainement pas en réaménageant la fiscalité et en favorisant la rente par la suppression de l’ISF“.

Ségolène Royal dénonce “le capitalisme financier destructeur pour nous tous“.
“Je veux que la France mette en place un ordre économique et social juste. Ce n’est pas juste lorsque des salariés sont licenciés d’une entreprise qui fait des bénéfices et demain, ce ne sera plus possible“, s’indigne-t-elle, rappelant sa proposition d’obliger les entreprises dans ce cas à “rembourser toutes les aides publiques” qu’elles ont perçues.
Ségolène Royal indique qu’elle dira à Angela Merkel, lors de leur rencontre le 6 mars, “un certain nombre de choses“. “Il faut sortir de cette inertie libérale, l’Etat peut encore peser, je veux un Etat fort, qui négocie avec ses partenaires européens” en faveur d’une régulation économique et sociale.

