Ségolène Royal en Allemagne
Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, s’est réjouie lundi à Berlin que “tout le monde s’aligne” sur sa position sur Airbus, à savoir que l’Etat actionnaire “prenne ses responsabilités”.
Interrogée par la presse sur la position de son rival de droite Nicolas Sarkozy que le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a accusé lundi de “valse-hésitation”, Mme Royal a estimé que l’évolution du candidat UMP “va dans le bon sens”.

“J’étais la première à demander à l’Etat actionnaire d’assumer ses responsabilités” et de “recapitaliser l’entreprise”, a-t-elle déclaré.
“J’observe aujourd’hui que tout le monde s’aligne sur cette prise de position”, a-t-elle ajouté.
“On doit cette évolution aux salariés”, français et allemands, a estimé Mme Royal, mais aussi à “l’initiative des régions”, qui a “incité l’Etat français à bouger”. “Je m’en réjouis”, a-t-elle ajouté.
Pour elle, “sur un sujet comme celui-ci, aussi crucial, stratégique pour l’industrie française et l’industrie européenne, il n’y a plus ni droite ni gauche”.
Elle a noté que le Premier ministre Dominique de Villepin s’était “félicité de l’intervention des régions” : “il a su se placer au-dessus des clivages politiques, c’est également mon cas”, a-t-elle déclaré.
M. de Villepin a déclaré lundi que l’Etat était prêt “avec les autres actionnaires” à participer à une augmentation du capital d’EADS, maison-mère d’Airbus.
Mme Royal venait de rencontrer quelque 400 Français de Berlin, dans un hôtel de la capitale allemande, pour ce qui devrait être son dernier déplacement à l’étranger avant le premier tour de scrutin de la présidentielle.
La candidate socialiste a promis aussi “l’accès de tous les Français de l’étranger à une protection sociale minimale au terme du quinquennat” et une réduction de moitié des coûts de scolarité dans les lycées français à l’étranger, d’ici à 2012.

Elle a insisté sur sa “volonté la plus profonde de donner au couple franco-allemand la force d’initiative qu’il a perdue”. “Je voudrais renouer avec le volontarisme de la politique d’Helmut Kohl et François Mitterrand, pour avancer dans la construction de l’Europe”, a-t-elle déclaré.
A propos de sa rencontre mardi avec la chancelière conservatrice Angela Merkel, qu’elle verra pour la première fois, elle a estimé que toutes les deux partageaient “une même vision de l’efficacité et du pragmatisme de l’action politique”.
Elles devraient discuter de la relance de l’Europe, de la réforme des institutions, du dossier Airbus: “l’Europe par la preuve, c’est montrer que l’Europe est capable de sauver Airbus”, a-t-elle déclaré.
Mme Royal a prononcé quelques phrases dans un allemand un peu hésitant, une langue qu’elle avait étudiée comme première langue à l’école, mais n’avait guère utilisée depuis.
AFP
Ségolène Royal veut rendre sa force au couple franco-allemand
Ségolène Royal a assuré lundi à Berlin qu’elle voulait “rendre sa force” au couple franco-allemand, soulignant que le soutien des Etats à Airbus serait la meilleure démonstration de l’efficacité de l’Europe.
“Ma volonté la plus profonde, c’est de rendre au couple franco-allemand la force d’initiative qu’il a perdue en Europe”, a déclaré la candidate socialiste à la présidentielle devant quelques centaines d’expatriés français rassemblés dans un hôtel de Berlin.

“Je voudrais renouer avec le volontarisme politique de François Mitterrand et de Helmut Kohl pour avancer dans la construction de l’Europe politique et sociale”, a-t-elle ajouté.
Elle a qualifié d’”historique” sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel, prévue mardi.
“Chaque jour qui passe où l’Europe reste affaiblie est un jour de perdu pour la création, la défense de l’emploi et du progrès social”, a dit la candidate à la presse après son discours.
“Nous réussirons à refaire une réforme des institutions si l’Europe fait la preuve qu’elle est capable de faire reculer le chômage, de se protéger contre les délocalisations”, avait-elle auparavant expliqué aux expatriés.
Pour Ségolène Royal, “sauver la filière aéronautique européenne” serait “le plus bel exemple de l’Europe par la preuve”.
La candidate a appelé les Etats européens impliqués dans Airbus - France, Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne - à participer à une recapitalisation d’EADS, la maison mère de l’avionneur européen.
“Je souhaite que les Etats concernés puissent se retrouver, puissent converger pour recapitaliser l’entreprise, pour la remettre debout”, a-t-elle déclaré.

“ASSEZ OPTIMISTE” SUR LES INSTITUTIONS
Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a annoncé lundi que l’Etat français était prêt à participer à une augmentation du capital d’EADS, pour renforcer les fonds propres du groupe de défense et d’aéronautique qui prévoit de supprimer 10.000 emplois.
La présidente de la région Poitou-Charentes a pris la tête d’un groupe de huit régions qui souhaitent entrer au capital d’EADS, à la manière des Länder allemands.
Les syndicats français d’EADS ont appelé à la grève et à des manifestations mardi.
Ségolène Royal s’est dite “assez optimiste” au sujet de l’évolution institutionnelle de l’Europe, “parce que cette volonté politique est aujourd’hui très prégnante”.
Dans un entretien au quotidien Le Monde daté du 6 mars, elle souhaite que la troisième partie du traité européen, rejeté par les Français en 2005, soit remplacée par un “protocole traitant des politiques nouvelles, du progrès social, des services publics et de l’environnement”.
Ce nouveau traité serait soumis à un référendum en France avant les élections européennes de juin 2009 ou en même temps.
Devant la presse, Ségolène Royal a confirmé qu’elle était favorable à une modification des statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle prenne autant en compte la croissance et l’emploi que l’inflation.
“Je suis favorable à l’ouverture d’une réflexion et à l’élargissement des statuts de la Banque centrale européenne pour que son objectif ne soit pas seulement le taux de change”, a-t-elle déclaré, ajoutant que cette modification “fait partie d’une approche globale” tendant au “renforcement du gouvernement économique de la zone euro”.

Aux expatriés, elle a annoncé une série de mesures les concernant, proposant notamment de faire bénéficier de la protection sociale française pendant un an les “porteurs d’un projet économique, culturel ou social”, de doter les consulats d’un “dispositif d’assistance aux femmes et aux enfants”, ou d’assurer une meilleure représentation des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale.
Elle a aussi souhaité “avancer résolument” sur la question du vote par correspondance des expatriés et a affirmé, sous les applaudissements, qu’elle ne souhaitait pas mettre en place la “contribution citoyenne” sur les expatriés, proposée par Dominique Strauss-Kahn.
Elle s’est enfin fixé pour objectif de permettre aux Français résidant hors de l’Union européenne de bénéficier d’une “protection sociale minimale” à la fin du prochain quinquennat.
Environ 100.000 Français sont installés en Allemagne, dont 30.000 à Berlin. Au total, quelque 850.000 Français vivant à l’étranger sont inscrits dans les bureaux de vote à travers le monde.

Ségo chez Angie
Ségolène Royal se rend en Allemagne pour une visite de deux jours durant laquelle elle rencontrera Angela Merkel.

Un tel évènement est unique dans l”histoire de l’Europe moderne.
En effet, c’est la première fois que deux grandes personnalités politiques féminines de deux grands pays européens se rencontrent !
Ségolène Royal est la candidate française qui a de vrais atouts pour être élue présidente. Elle est aussi la candidate la plus connue et la plus populaire en Europe.
Angela Merkel est la première chancelière allemande. En 2006, elle est classée “femme la plus puissante du monde” par le magazine Forbes, détrônant Condoleezza Rice.
La rencontre demain, entre Mme Merkel et Mme Royal, fera sans aucun doute la plupart des “UNE” des journaux et magazines européens et au delà.

Il y a eu hier l’époque Chirac / Schröder , il y aura demain l’avenir Sego / Angie

Est-on femme politique de la même façon de part et d’autre du Rhin?
Interview d’Angelica Schwall-Düren, députée au Bundestag depuis 1994

Angelica Schwall-Düren est vice-présidente du groupe parlementaire SPD au Bundestag, chargée des affaires européennes. Le groupe SPD au Bundestag est composé de 36% de femmes, obtenu notamment grâce à une politique de quotas mise en place par le SPD. L’Assemblée nationale en France ne compte que 12% de femmes, malgré la loi sur la parité votée en 2000.
LPJ : Pensez-vous qu’Angela Merkel est “féminine” dans sa manière de gouverner ?
A S-D : On peut peut-être trouver Angela Merkel peu féminine dans un sens classique. Mais il y a d’autres traits de caractère féminins. Et d’ailleurs, on a dit en décembre 2005 qu’Angela Merkel avait obtenu un accord sur le budget européen parce qu’elle est une femme. C’est sans doute grâce à un style de gestion qui lui est propre, et que je pense féminin : écouter attentivement, pour en tirer les conséquences appropriées.
LPJ : Selon vous, Madame Merkel a-t-elle souffert de machisme pendant sa campagne électorale?
A S-D : Oui, on a montré par exemple pendant la campagne des photos abominables et calomnieuses de Madame Merkel, y compris d’ailleurs dans les médias européens. Je ne pense pas que l’on se serait permis un tel niveau avec un homme. Je dois vous avouer que j’ai été très étonnée qu’elle ait réussi à s’imposer au sein du parti chrétien-démocrate (CDU), qui est un parti conservateur, notamment dans ses conceptions familiales. Sans parler d’ailleurs de l’aile bavaroise, le CSU, qui est connu pour être très traditionaliste…
LPJ : Est-elle toujours stigmatisée en tant que femme ?
A S-D : Je pense qu’une fois les premiers étonnements ou bougonnements passés, elle a su montrer à ses adversaires masculins qu’elle était à la hauteur. Bien sûr, vous trouverez toujours dans les médias des caricatures la montrant dans une cuisine ou chez le coiffeur, mais je crois que les électeurs et les électrices savent la juger pour ses prises de positions et ses actions politiques et non pour sa coiffure ou la couleur de son tailleur…
Propos recueillis par Cécile BOUTELET.
(www.lepetitjournal.com - Berlin) - mardi 20 février 2007.

Selon un sondage, les Européens et Américains considèrent la socialiste comme “la mieux à même de représenter la France” face à Nicolas Sarkozy.
Selon une enquête d’opinion Novatris-Harris réalisée pour France 24 et l’International Herald Tribune, et reprise mercredi 21 février par Le Canard Enchaîné, Ségolène Royal convainc les Européens.

A la question “Parmi les candidats à l’élection présidentielle, lequel serait le plus à même de représenter la France dans le monde ?”, la candidate socialiste l’emporte dans la totalité des pays devant le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy.
Les Allemands interrogés sont 16% à la préférer à Nicolas Sarkozy, choisi par 4% des sondés ; 6% des Anglais préfèrent la socialiste, contre 5% favorables au ministre de l’Intérieur.
Ségolène Royal convainc également 3% des Américains, contre 1% pour Nicolas Sarkozy.
Du côté des pays méditerranéens, 30% des Italiens et 25% des Espagnols la plébiscitent (contre 7% et 11% pour Nicolas Sarkozy).
Il n’y a qu’en France que Nicolas Sarkozy séduit sur sa capacité à représenter la France. Ils sont 36% à préférer le président de l’UMP, 21% Ségolène Royal et 16% François Bayrou.

A noter : 77% des Anglais et 88% des Américains ne connaissent “aucun des candidats”.
