Convergences : Ségolène Royal a rencontré Angela Merkel
Ségolène Royal, a assuré mardi avoir trouvé des convergences avec la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel sur les politiques industrielles et une relance de l’Europe qui ne peut réussir qu’en livrant aux citoyens des résultats.
A Berlin, Ségolène Royal a eu une première prise de contact, nettement plus longue que prévue, avec la chancelière, après avoir déjeuné avec le vice-chancelier et ministre du Travail social-démocrate (SPD,) Franz Müntefering.

Comme après l’entrevue avec M. Sarkozy, la chancelière, désireuse de ne pas s’immiscer dans la campagne électorale française, n’est pas intervenue devant la presse.
A la sortie de son entretien avec Angela Merkel, Ségolène Royal n’a pas manqué d’éloges sur la chancelière: “La rencontre s’est déroulée dans un climat très chaleureux, avec même une certaine complicité. Je ne vois pas de divergences avec elle, le courant est très bien passé, j’apprécie chez elle son côté courageux, c’est une femme très pragmatique”.
“Sur la relance de l’Europe, nous avons le même point de vue”, a-t-elle insisté. “Avant de ressaisir les opinions (ndlr: à l’occasion de la ratification d’un nouveau texte par les citoyens, après le non français et néerlandais à la Constitution européenne), l’Europe doit faire ses preuves notamment sur la recherche, l’environnement, la santé, les pouvoirs publics, montrer qu’elle est utile et efficace”, a-t-elle dit.

Quant au dossier chaud de la restructuration de l’avionneur européen Airbus, qui prévoit 10.000 suppressions d’emploi en quatre ans et suscite des tensions franco-allemandes, Ségolène Royal a déclaré: “Nous partageons totalement l’objectif selon lequel l’Europe doit défendre sa filière aéronautique” et en particulier “ses capacités de recherche”. L’Allemagne et la France doivent “définir en commun des politiques industrielles”.
“Nous partageons le souci de maintenir les emplois, la compétitivité et la productivité” et de “donner les moyens nécessaires à la recherche”, a-t-elle dit.
Interrogée sur la possibilité d’insuffler de l’argent public dans le groupe d’aéronautique et de défense EADS, la maison mère d’Airbus, la candidate socialiste, qui préconise de recapitaliser Airbus, “avant tout pour la recherche et l’innovation”, s’est bornée à déclarer: “Angela Merkel n’a rien écarté, mais n’a pas pris position”.
La candidate socialiste a voulu aussi enfoncer un coin entre Angela Merkel et le gouvernement français sur l’énergie et le climat, thèmes du conseil européen de jeudi et vendredi: “Je soutiens totalement Angela Merkel sur les 20% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité, or ce n’est pas la position du gouvernement français”, a-t-elle remarqué.
Berlin, qui préside l’Union européenne, plaide pour que les 27 pays membres s’engagent à ce que les énergies renouvelables représentent 20% de la consommation énergétique globale de l’UE en 2020.
Venu avec Mme Royal, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, avait attaqué le président Jacques Chirac sur l’inertie du couple franco-allemand, selon lui. Si ce tandem a perdu de l’importance, c’est “pour une part parce que l’on paye la calamiteuse présidence de Jacques Chirac pour les relations franco-allemandes”, avait-il dit, parlant “d’une absence de volonté, et même des moments d’attitude arrogants”.

Ségolène Royal avait insisté lundi soir sur sa “volonté la plus profonde de donner au couple franco-allemand la force d’initiative qu’il a perdue” et souhaité “renouer avec le volontarisme politique d’Helmut Kohl et François Mitterrand”, l’un mentor d’Angela Merkel et l’autre son propre mentor dans leur ascension politique.
“Sur la relance de l’Europe, nous avons le même point de vue”, a-t-elle insisté. “Avant de ressaisir les opinions (ndlr: à l’occasion de la ratification d’un nouveau texte par les citoyens, après le non français et néerlandais à la Constitution européenne), l’Europe doit faire ses preuves notamment sur la recherche, l’environnement, la santé, les pouvoirs publics, montrer qu’elle est utile et efficace”, a-t-elle dit.
“Sur la relance de l’Europe, nous avons le même point de vue”, a-t-elle insisté. “Avant de ressaisir les opinions (ndlr: à l’occasion de la ratification d’un nouveau texte par les citoyens, après le non français et néerlandais à la Constitution européenne), l’Europe doit faire ses preuves notamment sur la recherche, l’environnement, la santé, les pouvoirs publics, montrer qu’elle est utile et efficace”, a-t-elle dit. D’après un article de Christine COURCOL
AFP

“La rencontre s’est déroulée dans un climat très chaleureux avec même une certaine complicité. Je ne vois pas de divergences avec elle, le courant est très bien passé, j’apprécie chez elle son coté courageux, c’est une femme très pragmatique“.
“Je crois que nous pouvons faire du bon travail ensemble“.
Elles partagent “le même point de vue à savoir qu’avant de ressaisir les opinions publiques sur un nouveau traité, il faut que l’Europe fasse ses preuves“.
“Nos vues ont convergé sur la façon dont l’Europe pouvait faire ses preuves c’est-à-dire lutter contre le chômage, lancer des programmes communs de recherche liés à l’environnement, à la santé, les transports publics et tout ce qui permettra de prouver aux opinions publiques que l’Europe est utile et efficace“.

Ségolène Royal annonce qu’elle-même et la chancelière allemande Angela Merkel sont d’accord “pour définir en commun des politiques industrielles” à la suite de la crise de l’avionneur européen Airbus .
“Nous partageons totalement l’objectif que l’Europe doit défendre sa filière aéronautique” et en particulier “ses capacités de recherche“. L’Allemagne et la France doivent “définir en commun des politiques industrielles“.
Interrogée sur la possibilité d’injecter de l’argent public dans le groupe d’aéronautique et de défense EADS, maison-mère d’Airbus, elle a observé: “Angela Merkel n’a rien écarté mais n’a pas pris position. Elle n’a pas pris d’engagement sur une recapitalisation ferme par l’Etat, sans fermer les portes, en partageant la préoccupation de bien comprendre les enjeux industriels sans interférer sur le pilotage économique de l’entreprise“.

Ségolène Royal, apporte son soutien à l’objectif de la présidence allemande de l’Union européenne de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’UE en 2020.
“Je soutiens totalement Angela Merkel sur les 20% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité, ce qui n’est pas la position du gouvernement français“, annonce-t-elle à la sortie de leur rencontre.
Pour Ségolène Royal, “on doit faire un effort très puissant (pour réaliser cet objectif), cela peut créer beaucoup d’emplois“.
“Sur la relance de l’Europe, nous avons le même point de vue” avec Angela Merkel.
“Avant de ressaisir les opinions (lors de la ratification d’un nouveau texte par les citoyens), l’Europe doit faire ses preuves notamment sur la recherche, l’environnement, la santé, les pouvoirs publics, montrer que l’Europe est utile et efficace“.

Ségolène Royal veut revitaliser les liens entre l’Allemagne et la France :
Ségolène Royal insiste, dès son arrivée à Berlin pour une visite de 24h, sur sa “volonté la plus profonde de donner au couple franco-allemand la force d’initiative qu’il a perdue“, souhaitant “renouer avec le volontarisme politique d’Helmut Kohl et François Mitterrand“.
Jean-Marc Ayrault fait valoir que si le couple formé par deux des pays fondateurs de l’Europe avait perdu de l’importance, c’était “pour une part parce que l’on paye la calamiteuse présidence de Jacques Chirac pour les relations franco-allemandes“.
“Il y a eu peu de travail de fait, une absence de volonté, et même des moments d’attitude arrogants“, indique-t-il notant que les alliés s’étaient retrouvés seulement à l’occasion de la guerre d’Irak. Il faut “reprendre le chemin d’un dialogue confiant“, en parlant aussi notamment avec les Polonais et les Tchèques.
Jean-Louis Bianco, rappelle “l’esprit des pères fondateurs“, estimant que retrouver “l’entente historique de jadis” passait par “une entente politique personnelle“.
Elisabeth Guigou, admet que “le centre de gravité de l’Europe “s’est déplacé“. “On n’est plus à Bonn, mais à Berlin“. “Ca ne peut pas être une relation exclusive, mais les Français et les Allemands peuvent toujours être moteurs“.
